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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t5.24

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t5.24

Language
French

v3.c16.s2.t5.24

fût complètement éteint au centre de son rayonnement. Seulement il convient de remarquer qu'en ce cas une question plus délicate encore se greffe sur celle que nous venons de résoudre par l'affirmative. Du fait que l'école gréco-bouddhique aurait si tard gardé quelque semblant d'activité, il s'ensuit en effet qu'elle était à son tour exposée à subir l'influence des foyers artistiques qu'elle-même avait contribué à allumer. Peut-on découvrir dans les œuvres gandhâriennes tardives quelque réaction provenant soit de la Sérinde, soit de la vallée du Gange? Il y faudra veiller; car déjà certains indices le donnent à penser. Dès 1907-1908, le dégagement de certains recoins inexplorés de Takht-î-Bahai a fourni au Dr D. B. Spooner deux spécimens qui nous paraissent porter la trace de ces contre-influences. L'un est le Buddha reproduit sur la figure 485. Son attitude, tout à fait insolite au Gandhâra, en fait vraisemblablement le contemporain des nombreuses images de style Gupta que ce fut la mode, à Bénarès (fig. 567) comme à Ajanṭâ¹ et jusqu'à Java (fig. 568), d'asseoir ainsi à l'européenne. Dès lors il faut admettre, du moins en principe, que cette stèle daterait au plus tôt du IVe siècle de notre ère, et par suite rien n'empêcherait, soit dit en passant, de voir dans les deux assistants, au lieu d'Indra et de Brahmâ, l'Avalokiteçvara au lotus et le Maitrêya au vase². De l'autre spécimen³ nous n'avons pas de reproduction : mais la description qui nous est donnée de ce Buddha, modelé en argile sur une carcasse composée de fascines de roseaux, suffit à trahir un procédé jusqu'alors aussi inconnu dans le Penjâb qu'il était courant en Asie centrale : c'est donc du Turkestan qu'il a été apporté au Gandhâra. L'image en question peut être, il est vrai, encore postérieure au VIe siècle et remonter seulement à la restauration dont les monuments gandhâriens furent un instant l'objet après leur première ruine⁴... Car il est écrit qu'aucune vicissitude ne sera épargnée à nos sculptures, ni aucune complication à notre sujet.