L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t5.48
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t5.48
- Language
- French
v3.c16.s2.t5.48
Le cas est typique, mais nullement isolé : aux archéologues de se tenir désormais sur leurs gardes. Après le passage des iconoclastes hephthalites et avant la venue des Musulmans, entre le VIIe et le Xe siècle, des mains pieuses ont travaillé dans les ruines gandhâriennes, relevé les statues mutilées, rassemblé les fragments de bas-reliefs, et tant bien que mal restauré les anciens sanctuaires. Reste maintenant à savoir si, au cours de ces restaurations, ils n'ont rien ajouté de leur cru. Dans le cas présent, nous inclinerions à penser qu'ils se sont bornés à refaire ainsi, uniquement à l'aide des débris ramassés sur place, des sortes de sanctuaires de fortune. Si mince est la couche des déblais, que Sir Aurel Stein s'est même demandé si l'on ne s'était pas borné à reconstruire pour les desservants des monastères de bois(2). Mais il serait évidemment téméraire d'ériger des cas particuliers en règle générale. Ce qui a pu se faire aux abords d'un village ne devait pas être de mise dans la banlieue d'une grande ville comme Pèshawar. Aux environs même de Sahri-Bahlol tout peut dépendre, selon les tertres, de l'état où se trouvait le monument ou de la générosité d'un donateur occasionnel. Enfin, et surtout, il serait vain de vouloir résoudre *a priori* des questions de fait dont la solution ne manquera pas d'être apportée par les fouilles. Remarquez en effet que ce sont les couvents des plaines qui, à notre connaissance, ont été ainsi remaniés. Dans les replis des montagnes limitrophes du Gandhâra reposent probablement encore des ruines que, depuis le VIe siècle, la dépopulation du pays a dû garantir non seulement contre le fanatisme des Musulmans, mais encore contre la dévotion des derniers Bouddhistes de la contrée. Leur déblaiement nous apprendra, par une sorte de contre-épreuve, à quel moment il faut tirer la ligne. Nous dirons seulement que les présomptions sont pour que toute œuvre de style proprement gréco-bouddhique, si décadente soit-elle, doive être antérieure au VIIe siècle. Aux siècles suivants nous n'oserions pour l'instant attribuer que deux sortes de sculptures,