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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s2.t5.5

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s2.t5.5

Language
French

v3.c16.s2.t5.5

shans, alliée aux Sassanides. On a voulu les reconnaître, non sans quelque vraisemblance, dans ces Chionitai qui, vers 360, aidèrent Shapour II au siège d'Amida (aujourd'hui Diarbékir) : du moins Ammien Marcellin raconte-t-il que leur vieux roi Grumbatès, qui perdit son fils dans l'affaire, amena avec lui des éléphants indiens¹. En fait nous ne saurions rien si nous ne possédions le témoignage oculaire de Fa-hien, puis de Song Yun. Le premier arrive, au début du vᵉ siècle, dans une contrée en pleine prospérité, et où jamais le Bouddhisme n'a été plus florissant. Aussi bien au Gandhâra même que dans les vallées adjacentes de Kâboul et du Swât, tous les *stûpa* sont encore inviolés et les monastères remplis de moines; sanctuaires et reliques célèbres voient affluer en foule les fidèles, à commencer par les râjas locaux. L'Inde du Nord est devenue ce que nous avons déjà dit qu'elle deviendrait², l'une des terres saintes du Bouddhisme et, plus particulièrement, la terre sainte du Bodhisattva. Trois des compagnons de Fa-hien s'estiment satisfaits d'avoir visité ses quatre grands lieux de pèlerinage et s'en retournent en Chine. « Le peuple est surtout adonné au Petit Véhicule » : c'est en effet la secte des Sarvâstivâdins qui jouit de la plus grande popularité. Toutefois le culte de la Prajñâpâramitâ, de Mañjuçrî et d'Avalokiteçvara y pénètre, bien que Fa-hien ne le mentionne qu'à 80 *yojana* au Sud-Est, à propos de Mathurâ. Ce qui nous importe surtout, et ce que nous pouvons déduire en toute sûreté de ses des criptions, c'est que l'œuvre entière de l'école était encore intacte, jusque dans sa polychromie et ses dorures; ou du moins sa conservation n'avait à compter qu'avec des accidents pareils à ceux dont la « pagode de Kanişka » fut la victime : Song Yun nous apprend en effet, au début du viᵉ siècle, qu'elle avait déjà été trois fois incendiée par le feu du ciel et chaque fois réédifiée.

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