L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.2
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.2
- Language
- French
v3.c16.s3.2
Nous avons exposé la conception, sur bien des points encore toute provisoire, que nous pouvons nous faire de l'évolution de l'école du Gandhâra. Nous l'avons vue naître de la rencontre inattendue et passagère du Bouddhisme et de l'Hellénisme, et faire ses premiers pas dès le Ier siècle avant Jésus-Christ. Le Ier siècle de notre ère nous a paru réaliser la plus heureuse synthèse des deux facteurs composants, le grec et l'indien, et marquer du même coup le plus haut point d'originalité et d'excellence auquel cet art soit parvenu. A partir du IIe siècle, la balance penche du côté de l'élément indigène, et cette rupture d'équilibre est le prélude d'une décadence qui, nettement commencée dès le IIIe, traîna encore deux ou trois cents ans. Mais l'histoire de l'école du Gandhâra ne tient pas tout entière dans ses destinées locales. De très bonne heure — en fait, dès le IIe siècle — alors qu'elle était encore dans toute sa vitalité, elle a commencé d'agir bien au delà des étroites limites de son pays natal. Nous ne pouvons passer sous silence l'influence qu'ont exercée ses œuvres tant sur le reste de l'Inde que sur l'Extrême-Orient. Bien entendu, il n'est pas question d'entreprendre à ce propos une histoire, même abrégée, de l'art bouddhique dans les diverses contrées de l'Asie : mais nous devons, conformément au titre même de cet ouvrage, donner un aperçu de la propagation de l'influence classique, à la faveur et par l'intermédiaire de l'art gréco-bouddhique, d'une part jusqu'au Japon et de l'autre jusqu'à Java.