L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t1.28
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t1.28
- Language
- French
v3.c16.s3.t1.28
Si maintenant l'on veut juger sur pièces du degré de fidélité avec lequel la routine de l'art bouddhique peut répéter indéfiniment un modèle donné, il suffit de se reporter à nos figures 507 ou 209 et d'en rapprocher les quatre scènes également figurées sur la figure 208 : dans toutes on retrouvera aussitôt, à quelques différences près¹, les lignes générales et des détails significatifs des compositions gandhâriennes. Aussi estimons-nous inutile de délayer ici en autant de pages qu'il y a d'épisodes ce qu'un simple coup d'œil nous apprend. Cette comparaison pourrait d'ailleurs se continuer, après les quatre grands miracles, sur les quatre miracles secondaires : Prodige de Çrâvastî, Descente du ciel à Sânkâçya, Offrande du singe à Vaiçâlî, Subjugation de l'éléphant furieux à Râjagriha. Bornons-nous à reproduire pour la commodité du lecteur une stèle de Bénarès² qui contient les huit scènes à la fois, savamment réparties selon l'alternance des poses, les quatre grandes aux quatre coins, les quatre autres dans les compartiments du milieu (fig. 498). A la vérité il semble que de tout le riche répertoire du Nord-Ouest, où il n'est guère d'incident de la vie du Buddha qui n'ait été représenté, les écoles postérieures du bassin du Gange n'aient retenu que ces huit miracles : du moins les ont-elles répétés à foison. On les reconnaît encore soit sur les sculptures magadhiennes (fig. 500) de l'époque des Pâlas (VIIIe-IXe siècle), soit sur les miniatures bengâlies ou népalaises du XIe siècle de notre ère. Sans doute l'exécution est devenue fort médiocre et il s'y glisse parfois d'étranges nouveautés³ ; mais toujours subsiste l'allure générale de la composition, telle qu'elle avait été une fois pour toutes fixée par les artistes indo-grecs. Et ce qui est vrai des scènes légendaires ne l'est pas moins des images : ce sont toujours les mêmes types que s'efforcent de rendre les représentations du génie des richesses (fig. 499 et 502) ou du couple tutélaire (fig. 501), par exemple, sans parler des idoles du Buddha (fig. 554-555, 557-558, etc.).