L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t1.6
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t1.6
- Language
- French
v3.c16.s3.t1.6
Christ et le VIe après. Les quelques spécimens que nous avons reproduits d'après nos photographies² en donnent un aperçu suffisant pour notre objet. L'examen des motifs décoratifs et des scènes légendaires nous a depuis longtemps suggéré — et nous avons eu la vive satisfaction de voir cette théorie adoptée par M. J. Ph. Vogel — que la ville de Mathurâ avait été la première étape de l'influence gréco-bouddhique dans l'Inde³. Elle le doit tout d'abord à sa situation sur la grand'route qui y descendait du Gandhâra, en contournant les parties déjà désertiques de l'« Inde occidentale », et là s'embranchait d'une part sur Bénarès et Pâtaliputra (Patna), de l'autre sur Ujjayinî (Oujjain) et Barygaza (Broach). Mais à côté de cette raison géographique, il y en avait de politiques. En même temps que Puṣkarâvatî, Mathurâ appartenait à la portion indienne de l'empire des Kuṣaṇas. Auparavant elle était déjà gouvernée, ne l'oublions pas, par des satrapes parthes dépendant également d'un suzerain du Nord-Ouest (1). Elle a fait partie des conquêtes passagères, sinon de Démétrios et d'Eukratidès, du moins d'Apollodotos et de Ménandre. D'une façon générale on peut dire que la capitale des Çûrasênas, placée à la frontière du Madhyadêça, a subi à peu près les mêmes vicissitudes que l'Inde du Nord; on ne s'étonnera donc pas que les destinées de son école d'art soient aussi intimement liées à celles de l'école gandhârienne.