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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t2.1

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t2.1

Language
French

v3.c16.s3.t2.1

De même que Mathurâ a été le grand marché d'art entre le Gandhâra et le Madhyadêça, Amarâvatî, située non loin de l'embouchure de la Kṛiṣhṇâ, semble avoir été l'un des grands ports d'embarquement de l'influence gréco-bouddhique pour son exportation en Indochine et dans l'Insulinde¹. Cette exportation, à son tour, n'est qu'un des aspects de l'influence civilisatrice que l'Inde a exercée, à partir de notre ère, sur tous les pays transgangétiques. Cette indianisation de la Basse-Asie, ordinairement ignorée en Europe, n'en est pas moins, dans l'histoire générale du vieux monde, un fait presque aussi important que l'hellénisation tant célébrée de l'Asie antérieure. En un sens, elle n'en est que le prolongement. Elle emprunte les mêmes routes et s'exerce, au moins en partie, par les mêmes agents. Enfin elle nous est connue par les mêmes sources; et qui voudrait l'étudier aurait aussi à contrôler les traditions locales par le témoignage des navigateurs grecs ou des pèlerins chinois et à préciser les données des monuments à l'aide des textes indiens, sans parler des inscriptions sanskrites retrouvées sur les édifices. Tant d'analogies risqueraient de nous égarer si nous ne gardions présente à l'esprit la différence essentielle dont elles s'accompagnent. Dans l'Inde, l'hellénisme s'est trouvé confronté avec une civilisation déjà ancienne, pleinement consciente d'elle-même, et au milieu de laquelle il n'a jamais compté qu'un nombre très restreint de représentants : aussi son influence, en somme superficielle, se borne-t-elle après tout à l'introduction de notions scientifiques et de procédés artistiques. Autrement profonde a été l'action indienne dans le Sud-Est de l'Asie. Là il semble bien que de nombreux émigrants — pareils à ceux qui envahissent encore actuellement l'Afrique orientale — n'aient rencontré devant eux que des populations sauvages d'« hommes nus ». Ce qu'ils ont implanté dans ces riches deltas ou ces îles fortunées, ce n'est rien moins que leur civilisation, ou du moins sa copie; ce sont leurs mœurs et leurs lois, leur alphabet et leur langue savante, c'est tout leur état social et religieux avec une image aussi approchée que possible de leurs castes et de leurs cultes. En résumé il ne s'agit pas ici d'une simple influence, mais, dans toute la force du terme, d'une véritable colonisation.

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