L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t2.11
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t2.11
- Language
- French
v3.c16.s3.t2.11
JAVA. — L'archéologue est singulièrement plus favorisé quand il aborde l'autre paradis terrestre, celui de l'hémisphère austral. Dans l'île plus luxuriante encore de Java, il a mieux à faire qu'à énumérer des œuvres perdues. Les monuments parlent pour eux-mêmes, à commencer par celui de Boro-Boudour, perle de l'Insulinde, et l'une des merveilles artistiques du monde, ainsi que celui-ci finira bien par s'en apercevoir un jour. Sur l'énorme stûpa, prétexte d'une somptuosité décorative ailleurs sans exemple, nous ne reviendrons que pour corriger l'impression fausse que nous en avons donnée avant de l'avoir vu (t. I, p. 80). Nous y cherchions un dôme juché sur une superposition de terrasses, à la façon de l'Inde du Nord-Ouest. Il nous est clairement apparu depuis qu'en dépit des murs verticaux et coupés à angles droits de ses galeries inférieures, toutes les lignes maîtresses de l'édifice sont des courbes. Lui-même n'est, en tout et pour tout, qu'un dôme à la vieille mode indienne, seulement beaucoup plus fouillé, sillonné verticalement d'escaliers et horizontalement de promenoirs, enfin coiffé lui-même de coupoles secondaires¹. L'influence qu'il a subie, aussi bien dans sa conception générale que dans la distribution de sa décoration, ne lui vient pas directement du Gandhâra, mais, comme il était naturel, de l'Inde méridionale où son ancêtre s'appelle Amarâvatî : car là aussi le dôme commence déjà à se rehausser de frises superposées de bas-reliefs auxquels les fidèles devaient nécessairement avoir accès (cf. fig. 68). Entre les quelque deux mille panneaux sculptés qui ornaient jadis les murailles de Boro-Boudour et dont environ seize cents sont conservés, nous irons droit à ceux qui, dès la première galerie, racontent la vie de Çâkya-muni depuis sa nativité jusqu'au début de sa prédication. S'il subsiste quelque trace de l'influence gréco-bouddhique, c'est dans ces scènes que nous aurons le plus de chances d'en découvrir.