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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t2.19

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t2.19

Language
French

v3.c16.s3.t2.19

Hâtons-nous de l'avouer, on serait tout aussi mal venu à prétendre qu'après tant de voyages et de siècles écoulés, ces ressemblances soient tout à fait prochaines. Si les motifs de Boro-Boudour remontent à ceux du Gandhâra, c'est bien entendu par l'intermédiaire de ceux de l'Inde. Prenez la représentation du Grand miracle de Çrâvastî qui décore la plus haute des galeries sculptées (fig. 512) : elle est avant tout la transposition dans le sens de la largeur, au gré des convenances locales, de telle stèle en hauteur de Bénarès (fig. 511), lointain succédané des compositions gréco-bouddhiques (fig. 79 et 459). Un autre élément appréciable de différenciation consiste dans les modes malaises dont nous voyons par exemple attifées les images jumelles de Pâñcika et de Hâritî (fig. 514-515). Enfin, si les types du religieux brahmanique et du moine bouddhique (fig. 516-517) rentrent dans la formule habituelle, on ne saurait refuser à celui du Yakṣa une pointe d'originalité (fig. 513). Mais à travers toutes ces différences de conception ou d'exécution, il n'en persiste pas moins dans les scènes quelque chose de l'ordonnance générale, dans les personnages quelque chose du sentiment des prototypes gréco-bouddhiques : or, ce sont là des traits qui ne s'inventent pas deux fois. Nous ne tarderons même pas, quand nous en viendrons à nos conclusions, à démêler l'influence classique jusque dans le faire si spécial de l'école de Java. Ses qualités les plus évidentes sont la justesse des proportions, le naturel des gestes, la variété des poses, de même que la mollesse de ses lignes paraît à l'œil européen son principal défaut. Admettons que ces particularités soient chez elle des dons naturels. Déjà plus suspecte d'emprunt à la technique occidentale sera l'étonnante profondeur des hauts-reliefs que le ciseau des Javanais a su tirer, sans se laisser rebuter par la grossièreté du grain, de la pierre volcanique de leur île. Mais où l'hésitation n'est plus permise, c'est sur la question de savoir d'où leur est venue leur science du raccourci¹.

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