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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t2.21

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t2.21

Language
French

v3.c16.s3.t2.21

L'INDOCHINE. — La maëstria avec laquelle ces artistes exotiques emploient des procédés aussi raffinés fait le plus grand honneur à leur exceptionnelle habileté de mains: et ce n'est pas un si mince éloge pour leurs bas-reliefs que d'être rangés d'emblée parmi les chefs-d'œuvre de la sculpture bouddhique, à côté de ceux d'Amarâvatî ou du Gandhâra. On sent encore mieux l'étendue de leur virtuosité quand on passe aux grandes compositions continues qui se développent à perte de vue sur les murailles, contemporaines ou postérieures, du Bayon d'Angkor-Thom ou d'Angkor-Vat. Devant ce pêle-mêle de figures aux méplats à peine accusés, plutôt découpées que modelées, et entassées avec une totale ignorance du raccourci ou de la perspective, les artistes Khmèrs nous apparaissent comme décidément inférieurs à leurs confrères de Java; et l'on regrette presque que ce ne soient pas ceux-ci qui aient eu à leur disposition le magnifique grès du Cambodge, si tendre au sortir de la carrière, mais qui durcit rapidement à l'air et est susceptible d'un si beau poli. Il ne faudrait pas croire d'ailleurs que les monuments cambodgiens de la bonne époque (VIIIe au XIIe siècle) soient uniquement brahmaniques, ni que le système des bas-reliefs encadrés y soit complètement inconnu. Le Bouddhisme a pénétré d'assez bonne heure dans cette partie de l'Indochine². Il y a introduit avec lui son imagerie et celle-ci a apporté avec elle ses procédés. Les frontons de Vat-Nokor, près de Kompong-Cham, sont décorés de scènes de la légende du Buddha, et il en est de même de ceux d'un édifice plus ancien, le temple de Bantāi-Čhmar, qui doit remonter au XIe siècle. Nous reproduisons ici, d'après une photographie due au regretté général de Beylié, celui qui représente « la visite d'Asita » : non plus assis à l'européenne, mais accroupi