L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t2.3
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t2.3
- Language
- French
v3.c16.s3.t2.3
En ce qui concerne plus particulièrement la propagande religieuse, on se serait attendu, si les hommes ne passaient leur temps à démentir leurs théories par leurs actes, à ce que seules des religions à missionnaires, comme le Bouddhisme, en eussent profité. Quand on songe à la menace d'excommunication qui pèse sur tout brahmane qui quitte l'Inde, surtout par mer, il semble impossible que l'hindouisme ait pu avoir sa part dans ces conquêtes morales. Pourtant — sauf à Ceylan, dont la conversion au Bouddhisme remonte plus haut dans le passé — ce sont les religions sectaires que nous trouvons d'abord et surtout en vogue dans les contrées au delà du Gange. Et nous n'avons pas à chercher bien loin qui furent leurs *guru* ou précepteurs spirituels : ce sont ces *paṇḍita* et ces *pāçupata*, ces lettrés et ces ascètes, brahmanes plus ou moins authentiques, religieux plus ou moins fidèles à leurs vœux, dont nous parlent les textes et les inscriptions, et dont nous trouvons partout l'image sur les monuments du Cambodge et de Java (cf. fig. 516, 518-520). Dès lors le champ de notre étude se trouve singulièrement rétréci : car, non contente d'écarter l'art brahmanique, elle ne vise même pas dans son ensemble l'art bouddhique de ces lointaines régions. Tout ce qui nous intéresse ici, ce sont les