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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t2.37

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t2.37

Language
French

v3.c16.s3.t2.37

Il va d'ailleurs sans dire que plus d'un des bateaux qui conduisaient de l'Inde en Indochine et dans les îles de la Sonde, poursuivait sa route jusqu'aux ports de Chine. Nous voyons même par les récits que nous fait Yi-tsing des « actes » de soixante pèlerins chinois, ses contemporains, que dans la seconde moitié du VIIe siècle la route maritime devient la plus fréquentée (1). C'est celle que Yi-tsing a suivie, à l'aller comme au retour, et que, trois siècles plus tôt, Fa-hien avait déjà prise pour rapporter dans sa patrie ce précieux bagage de textes et d'images bouddhiques, qu'il tremblait de voir jeter par-dessus bord pendant la tempête (2). Par elle était sans doute venu vers le même temps ce religieux indien, nommé Guṇavarman (3), qui, en l'an 425 de notre ère, peignit dans un temple de la ville de Cho-king, aujourd'hui Chao-tcheou, dans le Kouang-tong, la scène du Dīpaṃkara-jātaka, justement l'une des créations les plus certaines de l'école gandhârienne. Plus tôt encore, vers 280, un certain Seng-houei, issu d'une famille sogdienne, c'est-à-dire originaire du pays de Samarkand, vient à la cour chinoise par le détour du Tonkin, où ses parents s'étaient établis pour les besoins de leur commerce (4). C'est également l'instant de se souvenir de ce marchand du pays de Ta-tsin qui visita le Tonkin (5), etc. Ces quelques exemples suffisent pour nous avertir que le même va-et-vient dont nous sommes témoins à la même époque en Occident se produisait, grâce au commerce et à la religion, jusqu'aux confins de l'Extrême-Orient : et dès lors nous comprenons mieux comment la pénétration artistique a pu de proche en proche s'opérer, aussi bien par voie de mer que de terre.

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