L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t2.6
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t2.6
- Language
- French
v3.c16.s3.t2.6
Ceylan. — Les traditions locales placent la colonisation indienne de Ceylan au milieu du VIe siècle avant Jésus-Christ; et cette date n'aurait rien que de vraisemblable, si elle n'avait pour but de faire intervenir la personne du Buddha. La conversion de l'île au Bouddhisme serait d'ailleurs postérieure de trois cents ans et l'œuvre d'un propre fils d'Açoka : retenons qu'elle dut commencer, comme celle du Gandhâra, vers le milieu du IIIe siècle avant notre ère¹. On sait que Ceylan est resté jusqu'aujourd'hui l'un des foyers les plus actifs de la Bonne Loi. Ce qui nous importe surtout, c'est que statues et peintures continuent à orner les autels et à décorer les parois de ses sanctuaires. De cette prospérité artistique nous avons de sûrs témoins, au Ve et au VIIe siècle de notre ère, dans les pèlerins Fa-hien et Hiuan-tsang, celui-ci par ouï-dire et celui-là de visu. Enfin les précieuses chroniques singhalaises contiennent d'abondants renseignements sur le nombre et la riche décoration des fondations religieuses. Certes nous ne suivrons pas jusqu'au bout l'auteur du Mahâvaṃsa quand il nous énumère, à propos de l'érection du Mahâ-thûpa par le roi Duṭṭhagâmaṇi au Ier siècle avant notre ère, toutes les images et les scènes dont on aurait à cette occasion décoré le tabernacle intérieur². Les informations qu'il nous donne se trompent visiblement d'époque et ne valent que pour des temps beaucoup plus rapprochés de celui où il écrivait (Ve siècle). Il n'en est pas moins vrai qu'il nous énumère d'une haleine, sous quarante rubriques, toutes les scènes de la carrière du Maître qui figurent au répertoire gandhârien. Il ne connaît pas moins bien les scènes d'enfance et de jeunesse, sans parler des vies antérieures; et d'autre part Fa-hien nous apprend qu’on tendait le chemin des processions avec les représentations des cinq cents *jātaka*, « peints de façon tout à fait vivante ». Hélas, toute cette peinture, autant en aura emporté le vent et détruit la