Pramāṇa · Search · About · API

L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t3.1

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t3.1

Language
French

v3.c16.s3.t3.1

La route terrestre de l'Extrême-Orient était bien connue de Ptolémée et nous en avons déjà touché un mot¹ : car toute la partie située entre l'Euphrate et la Bactriane coïncidait avec celle de l'Inde. Après un assez long séjour à Bactres, les caravanes s'engageaient dans la haute vallée de l'Oxus et, par le pays des Kômédai (le Kiu-mi-to de Hiuan-tsang), franchissaient la branche de l'Imaüs qui sépare aujourd'hui le Turkestan russe du Turkestan chinois. Au sommet se trouvait le λίθινος πύργος, la « Tour de pierre », peut-être à l'origine un simple cairn de cailloux, pareil à ceux qui marquent le haut des passes de l'Himâlaya, et dont l'affluence des caravanes avait fait une importante station de la route. De là celle-ci menait à Kashgar, puis aboutissait par l'Issedon scythique et l'Issedon sérique, au passage que, sur les conseils de son explorateur Tchang-k'ien, l'empereur Wou avait ouvert de vive force, de 115 à 111 avant notre ère, entre Si-ngan-fou et Cha-tchéou (aujourd'hui Touen-houang). Pratiqué juste au point de jonction entre la race turque au Nord et la race tibétaine au Sud, ce long couloir, que les investigations de Sir Aurel Stein nous ont montré protégé par un prolongement de la fameuse « Grande Muraille », a été le principal chemin de communication entre la Chine et l'Occident. On sait, en effet, quels formidables obstacles naturels s'opposent encore, en dépit des ressources de nos ingénieurs, à l'ouverture d'une route à travers le Tibet ou entre le Yunnan et la Birmanie. L'importance politique de cette sorte de pont jeté entre les civilisations, ou, si l'on préfère, d'isthme battu à la fois par les sables du désert et les incursions de la barbarie, est donc considérable. Son importance économique ne l'était pas moins, puisque c'était la voie suivie par les soies, pour lesquelles le reste du monde était alors tributaire de la Chine. Les convoitises qu'excitait cette marchandise de luxe durent être pour quelque chose dans les campagnes qu'on attribue avec vraisemblance à Kaniṣka sur le versant