Pramāṇa · Search · About · API

L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t3.103

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t3.103

Language
French

v3.c16.s3.t3.103

Rien ne serait plus facile que de recommencer cette expérience : il suffirait de confronter avec les albums de Éd. Chavannes les planches des *Selected Relics* ou du *Kokka*. Aussi bien les archéologues japonais sont-ils trop experts pour ne pas le reconnaître eux-mêmes¹. Tout leur art bouddhique des périodes Suiko et Tempyo sort immédiatement, pour les sculptures, des grottes de Yung-kang et du Long-men, pour les peintures, de celles de Touen-houang : ou du moins ce sont là les meilleurs points de comparaison dont nous disposons à l'heure actuelle. En d'autres termes, c'est à travers l'art chinois des Wei et des T'ang que le panthéon bouddhique de l'Inde est venu, par l'intermédiaire de la Corée, prendre ses quartiers au Japon. Cela est vrai pour les Bodhisattvas autour desquels continuent à voltiger ces ondoyantes écharpes que les artistes nippons ont essayé de réaliser jusque dans le bronze et le bois; pour les figures de saints *arhats* qui ont engendré sur place une si étonnante lignée de portraits de bonzes; pour les gardiens des temples ou du monde, avec leur armure guerrière (fig. 547) ou leur musculature outrée; pour les petites divinités populaires de la richesse (fig. 544) ou des enfants (fig. 545-546), etc. A tous ces modèles, déjà transformés par le génie chinois, le Japon a appliqué sa verve fantaisiste ou sa veine mystique, tantôt s'amusant à des pochades caricaturales, tantôt se haussant aux régions surhumaines de l'idéal. Qui oserait soutenir qu'il soit regrettable que d'indo-grecques ces figures soient devenues sino-japonaises, et qu'une reproduction stéréotypée eût mieux valu que ces originales transformations?