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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t3.17

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t3.17

Language
French

v3.c16.s3.t3.17

Mais enfin, de ce grand fleuve dont la source est, croyons-nous, au Gandhâra et l'embouchure dans le Pacifique, nous connaissons déjà presque tout le cours. Ne pouvons-nous marquer du moins en pointillé sur la carte la petite partie encore inexplorée ? Il serait absurde de prêter à l'art bactrien un caractère très différent de celui dont nous constatons dûment l'existence sur sa frontière du Sud-Est dans le Kapiça, ou du Nord-Est dans la Sérinde. Tout au plus inclinerions-nous à croire que ses monuments ressemblaient peut-être davantage, sinon pour le style, du moins pour l'aspect extérieur et les matériaux de construction en usage, à ceux de l'Asie centrale qu'à ceux du Penjâb et de la vallée de Kâboul. Parmi les dons, si chèrement payés, que le ciel a faits au Gandhâra, nous avons dû compter le beau schiste bleuâtre que lui fournissaient en abondance les collines voisines et qui lui tint lieu de marbre. L'emploi d'une bonne pierre n'est pas un médiocre avantage, en architecture comme en sculpture; c'est même un élément de supériorité qui, à égalité de talent, ferait pencher la balance. Or il y a lieu de penser que, dans les plaines alluviales de l'Oxus, la pierre faisait défaut. On aura donc dû se rabattre habituellement sur le système de la brique crue ou cuite et recouverte de mortier pour les édifices, de l'argile ou du stuc armés d'une carcasse intérieure pour les statues. Ce sont justement là les procédés que nous allons trouver partout employés dans le Turkestan; et ils nous offrent provisoirement un moyen grossier, mais très apparent, de caractériser le double aspect de l'art gréco-bouddhique, au nord et au sud de la ligne transversale du massif himâlayen. Même nous n'avons pu nous empêcher de voir dans leur introduction tardive au Gandhâra la preuve d'une réaction d'influence redescendant de la Haute-Asie par la vallée de Kâboul¹.