L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t3.25
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t3.25
- Language
- French
v3.c16.s3.t3.25
Plus l'on avance dans l'étude de la diffusion de l'art gréco-bouddhique vers la Haute-Asie et plus clairement apparaît l'importance du fait que l'empire de Kaniṣka se trouvait ainsi placé à cheval sur l'Hindou-Koush. Nous comprenons mieux que jamais les raisons de la reconnaissance que, nous l'avons dit¹, la tradition bouddhique a toujours vouée à ce roi barbare, en jugeant de l'impulsion que sa seule influence a pu naturellement donner à la propagande simultanée d'une doctrine et d'un art religieux auxquels il était de naissance parfaitement étranger. Si la conversion d'Açoka s'est répercutée dans toute l'Inde, celle de Kaniṣka a gagné d'un seul coup la meilleure part de l'Asie centrale. C'est bien à lui que semble dû de ce côté le deuxième grand bond de la Bonne Loi : après celui qui l'avait menée du Magadha au Gandhâra et au Kaçmîr, celui qui lui fit franchir le Toit du Monde et lui ouvrit la route de Chine. Non content de réunir sous le même sceptre les bassins supérieurs de l'Oxus, de l'Indus et du Gange, Kaniṣka aurait voulu annexer encore celui du Tarim. Du moins Hiuan-tsang nous l'assure : et ce qui donne une singulière consistance à son témoignage, c'est qu'il a vu en visitant l'Inde du Nord, dans les pays de Kapiça et de Cìnapati, les monastères qui avaient été assignés comme résidences aux otages royaux ramenés par Kaniṣka de ses campagnes chinoises(1). Or, d'après les annales des Han postérieurs, en 107-113 après J.-C.,