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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t3.36

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t3.36

Language
French

v3.c16.s3.t3.36

un terrain beaucoup mieux exploré — ne nous montrent en effet dans le bassin du Tarim que des populations parlant des langues indo-européennes, surtout des dialectes iraniens, et, dans le Sud, une forte colonie indienne, employant dans ses actes administratifs et sa littérature religieuse un prâkrit très voisin de celui du Penjâb¹. Toutefois il faut également compter de bonne heure avec la pénétration de la civilisation et de la langue chinoises. Nous dirions volontiers de l'ensemble du pays ce que Hiuan-tsang nous rapporte de l'oasis de Khotan, que ce fut à l'origine un terrain de chasse disputé entre deux princes exilés, l'un de l'Inde², l'autre de Chine. Finalement, celui-ci l'aurait emporté sur son rival. « Le Li-yul, disent de leur côté les Annales tibétaines, n'est ni en lien ni chinois (entendez qu'il est un mélange des deux). Les habitudes du peuple sont tout à fait semblables à celles de la Chine : la religion et la langue sacrée sont tout à fait semblables à celles de l'Inde. » Ajoutons qu'il en était de même des alphabets et de l'art. A ce moment de son histoire, ce pays, si peu favorisé qu'il fût par la nature, devient le champ clos où se rencontraient les deux grandes civilisations de l'Extrême-Orient. Le général Pan-tchao y établit à partir de 73 après J.-C. la domination des fils du Ciel et fixe à Koutcha en 91 le siège de sa vice-royauté. L'expédition présumée de Kaniṣka dans l'Ouest du pays, vers l'an 110, n'aurait été qu'une réaction momentanée contre ces conquêtes. Mais si la suzeraineté chinoise a fini, après bien des vicissitudes, par se maintenir dans la région, il n'y subsiste pas moins jusqu'à nos jours une colonie indienne importante. Le bassin du Tarim nous apparaît ainsi comme une sorte d'Indochine continentale, sauf peut-être qu'ici les deux zones d'influence sont moins nettement délimitées que dans la péninsule transgangétique : et comme celle-ci a accaparé ce nom expressif, nous emploierons celui, presque synonyme, de Sérinde comme désignation ancienne du pays qui est devenu sur nos cartes le Turkestan oriental ou chinois, et qui n'est guère turc que de langue.