L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t3.39
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t3.39
- Language
- French
v3.c16.s3.t3.39
L'exploration archéologique est ici trop récente pour que nous ne devions pas en décrire brièvement les conditions et le théâtre. Imaginez, au cœur même de l'Asie, une vaste dépression sablonneuse qui forme le bassin du fleuve intermittent du Tarim jusqu'à sa perte dans le lac nomade du Lob-nor. Au sud, la formidable barrière du Kouen-lun, rebord du plateau tibétain, tombe presque à pic sur la plaine. Au nord, celle-ci est bordée par le rempart, encore très élevé, du T'ien-chan ou Monts Célestes — l'Imaüs scythique, autre contrefort du fameux Toit du Monde. Tout autour, au pied même des montagnes, règne une frange d'oasis. Deux routes, menant d'Occident en Chine, les relient, bifurquant à Kashgar pour se réunir de nouveau au couloir de Touen-houang. Chacune d'elles égrène un chapelet de villes et de bourgades : au nord, Aksou, Koutcha, Karashar, Tourfan, Hami; au sud, Yarkand, Karghalik, Khotan, Keriya, Niya, Cherchen, Charkliq. Le climat est extrême, fait de froids polaires l'hiver, et de chaleurs torrides l'été : mais il est excessivement sec. Tout ce qui pointe au-dessus du sol est vite blanchi, rongé, détruit par les terribles bourrasques, qui chassent devant elles les dunes comme des vagues; tout ce qui demeure protégé sous la couche de lœss ou de sable est, comme en Égypte, admirablement conservé, le bois et le stuc encore intacts, l'encre des manuscrits à peine pâlie, le coloris des peintures toujours frais. Là gît la chance des archéologues : on sait comment ils viennent de la mettre à profit¹. Ils ne faisaient d'ail- [Figure: FIG. 541. — STÈLE CHINOISE (660 ap. J.-C.) (cf. p. 276, 370, 663, 686, 688, 701, 706). Musée du Louvre. Provenant de Long-men. Hauteur : 0 m. 40. Mission de M. Philippe BERTHELOT.]