L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t3.55
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t3.55
- Language
- French
v3.c16.s3.t3.55
On le conçoit aisément, une analyse minutieuse des publications parues et des collections exposées allongerait hors de toute proportion cette étude. Nous avons en effet affaire à un développement artistique qui s'est prolongé pendant plus de mille ans. Parmi les sanctuaires du Sud, quelques-uns, nous dit Sir Aurel Stein, déjà florissants au IIe siècle de notre ère — et c'est une des raisons qui nous ont ci-dessus empêché de faire descendre trop bas les débuts de l'école gréco-bouddhique¹ — ont dû, comme Niya et peut-être Rawak, être abandonnés dès la fin du IIIe siècle devant l'invasion des sables; d'autres, comme ceux de Dandan-Uiliq, de Domoko ou d'Endère, ne l'ont été qu'au VIIIe; quelques-uns enfin, et peut-on ajouter, la plupart de ceux du Nord ont continué jusqu'à l'arrivée des musulmans (XIe siècle), et parfois même après, à être entourés de la dévotion populaire. Ces derniers durent par suite se prêter soit à des additions nouvelles, soit à des réfections ou à de prétendus embellissements : cette manie de restauration sévit encore de nos jours dans les grottes de Touen-houang. Aussi, pour l'œil averti de M. Grünwedel, la décoration sérindienne se répartit-elle entre cinq ou six styles différents, gandhârien, indo-scythe, vieux-turc, ouïgour, tibétain : et ces diverses périodes sont d'autant plus aisées à distinguer que le contraste entre les donateurs et les artistes les souligne. Depuis les élégants types indiens, en passant par les « chevaliers » tokhariens, armés de l'épée et de la dague, jusqu'aux Ouïgours empêtrés dans leurs robes aux longues manches; depuis l'artiste qui signe du nom romain de Titus² les fresques de Miran, en passant par des Sérindiens, jusqu'au peintre chinois qui s'est représenté lui-même, le pinceau à la main, sur des fresques de Tourfan³, il ne tient qu'à vous d'en faire la revue, soit au British Museum, soit au Musée d'Ethnographie de Berlin. De son côté, le Louvre est suffisamment pourvu, grâce à la mission de M. P. Pelliot, de têtes de mortier ou d'argile, pour qu'on puisse les échelonner depuis les plus « aryennes », comme on dit, jusqu'aux plus mongoles¹. C'est tout un monde nouveau, toute une variété de types