L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t3.77
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t3.77
- Language
- French
v3.c16.s3.t3.77
Tel est le tronc extrême-oriental sur lequel est venue se greffer l'influence gréco-bouddhique. Mais il ne suffit pas de savoir qu'en Chine celle-ci n'a pas trouvé table rase devant elle : il est également très important, comme le prouvent les précédentes pages, de fixer à quel moment de son évolution elle s'y est définitivement installée. Était-elle à son arrivée encore voisine de ses sources occidentales et classiques, ou déjà transformée au cours de la distance et du temps? La réponse à cette question dépendra avant tout de la date à laquelle nous devrons rapporter les premières adaptations faites sur place des modèles gandhâriens. Impossible, par suite, de nous contenter des traditions plus ou moins légendaires qui font remonter à l'an 67 après, voire même à l'an 2 avant notre ère, la première introduction de livres, d'images et de çramaṇa bouddhiques². Ce qu'il nous faut, pour fonder nos conclusions sur une base solide, ce sont des monuments importants et datés. Or, les premiers que nous rencontrions — nous en devons encore la publication à Éd. Chavannes³ — appartiennent seulement au Ve siècle. Qu'on ne s'étonne pas trop s'il a fallu tant d'années pour transporter de proche en proche, sur les interminables routes de l'Asie centrale, un matériel décoratif aussi considérable et, pour le pays, aussi nouveau. D'autre part la vieille Chine semble avoir longtemps et énergiquement résisté à l'invasion des idées et des images nouvelles. On dirait en vérité qu'elle a fait faire antichambre au Buddha. Celui-ci n'aurait même pénétré dans l'antique forteresse confucéenne qu'à la faveur