L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s3.t3.9
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s3.t3.9
- Language
- French
v3.c16.s3.t3.9
LA BACTRIANE. — Nous l'avons déjà dit : la réponse définitive à cette question dort sous les tumuli dont de rares Européens ont constaté l'existence aux environs de Balkh. Jamais nous ne l'avons mieux senti qu'en ce moment : l'ignorance où nous sommes de l'école bactrienne est, après la disparition de la peinture gandhârienne, la plus regrettable lacune que présentent nos documents. Les récentes explorations en Asie centrale ont renoué les maillons épars de la chaîne de transmission depuis Kashgar jusqu'au Japon : il n'y a plus que le premier anneau qui manque. On ne saurait trop déplorer un contre-temps d'autant plus fâcheux que de longtemps l'Afghanistan ne semble pas devoir sortir de sa politique de farouche isolement et s'ouvrir aux recherches archéologiques. Mais le fait que nous manquons actuellement de certitudes n'est pas une raison suffisante pour rejeter la seule chose qui nous reste, à savoir des présomptions. Nous avons déjà dû émettre tour à tour, à propos de la Bactriane, deux hypothèses plus faciles à concilier qu'on ne croirait au premier abord. D'une part, nous avons écarté sommairement les prétentions qu'elle pourrait avoir à être le berceau de l'art gréco-bouddhique; de l'autre, nous tenons que les monuments qu'y signalent les pèlerins chinois étaient de pur style indo-grec¹. Nous avons eu beau retourner la question sous toutes ses faces, nous ne voyons pas qu'on puisse s'inscrire en faux contre l'une ou l'autre de ces assertions; mais nous reconnaissons qu'elles sont pour l'instant indémontrables.