L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c16.s4.t2.2
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c16.s4.t2.2
- Language
- French
v3.c16.s4.t2.2
duire au moins l'aspect d'ensemble du prototype indo-grec du Buddha, s'impose avec toute l'évidence d'un fait palpable, aisé à contrôler dans le premier album ou musée oriental venu : et c'est pourquoi, s'ils risquent de baisser dans l'estime des critiques, ils sont sûrs de garder la reconnaissance des iconographes. Quand les premiers amateurs d'art japonais avaient l'impression de retrouver dans leurs bibelots exotiques un sentiment classique des proportions et de la draperie, et un caractère « plus indien que chinois(1) », ils ne se doutaient guère que leur opinion, alors si risquée en dépit de sa justesse, serait un jour susceptible d'une si minutieuse vérification. A la lumière des récentes explorations, leur hasardeuse conjecture s'est muée en certitude historique. En même temps elle s'est singulièrement précisée. Non seulement des traits étranges et frappants, tels que l'exagération des oreilles ou la protubérance du crâne ont trouvé ou trouveront une explication naturelle ou satisfaisante : on pourrait déjà pousser les rapprochements jusqu'à des caractères plus subtils. Il n'est pas, par exemple, jusqu'à cette rondeur lourde du bas du visage, que nous avons à tort ou à raison reprochée à nos statues gandhâriennes(2), qui ne se remarque chez les Buddhas sino-japonais (fig. 564-566, 582, 590) aussi bien d'ailleurs que chez les Javanais (fig. 561, 568, 580). Mais, encore une fois, l'air de famille de tous les Buddhas connus est un fait d'évidence sensible, et que nous avons assez longuement vérifié pour être sûrs de n'être victimes d'aucune illusion d'optique. Ce qui importe à présent, c'est de marquer et, si possible, de coordonner, après les ressemblances, les différences non moins indéniables qui les séparent selon les pays et qui ne pouvaient manquer de s'accentuer entre eux à mesure qu'ils s'éloignaient dans l'espace et le temps de la souche de leur race. Car c'est bien au fond d'une étude anthropologique qu'il s'agit. Un jour même, avec les progrès de l'archéologie, tout un système élaboré de mensuration sera ici de mise : mais il va de soi que nous ne saurions déjà prétendre à tant de scientifique rigueur.