L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c17.3
L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c17.3
- Language
- French
v3.c17.3
Ceci rappelé, il serait grand temps de clore ces pages déjà trop longues et d'attendre avec confiance, mais soumission, du destin qui dirige les fouilles archéologiques que les faits, ces souverains maîtres, continuent ou non à confirmer l'interprétation que nous en avons offerte. Mais comment nous flatter d'avoir déjà fini alors que nous venons à peine de terminer le gros œuvre? Que de reprises de détail il resterait encore à exécuter, que de lignes particulières à suivre, que de rapports symétriques à mettre en valeur, si nous avions le loisir de nous y attarder! Du moins il est une obligation à laquelle nous ne saurions nous soustraire : celle d'achever de justifier le sous-titre que nous avons choisi à notre travail par quelques considérations d'ensemble sur la part qu'il convient d'attribuer, tout compte fait, à l'influence classique dans l'art de l'Inde et de l'Extrême-Orient. A la vérité, au cours de notre long examen de l'œuvre, nous ne nous sommes pas interdit de chercher un peu partout en Occident, et jusqu'en Gaule, des points de rapprochement; et d'autre part l'histoire de l'école nous a conduits, sur la piste de ses créations les plus caractéristiques, jusqu'aux confins orientaux de l'Asie. Malgré tout nous n'aurons que trop forcément cédé au travers professionnel du spécialiste, toujours prêt à s'hypnotiser sur son sujet et à oublier tout ce qui l'entoure. Il est opportun, il est même urgent de secouer autant que faire se peut cette obsédante tentation, et, s'élevant à une plus large conception de la valeur relative des choses, de situer, pour finir, l'école du Gandhâra à sa modeste place dans l'histoire générale de l'art. Tel un ouvrier qui, son labeur achevé, relève enfin sa tête jusqu'alors obstinément penchée sur son sillon et, promenant ses yeux sur les campagnes environnantes, parcourt d'un dernier regard, avant de terminer sa journée, le cercle entier de son horizon.