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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c17.s2.10

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c17.s2.10

Language
French

v3.c17.s2.10

Par une coïncidence qui vaut d'être remarquée, nous trouvons aussitôt les critiques partagés en deux camps. Pour les uns l'art sino-japonais, du moins la peinture¹, serait une création de l'influence bouddhique, donc indienne ou, pour mieux dire, indo-grecque. Mais faire ainsi table rase de toutes les œuvres chinoises antérieures à l'introduction du répertoire gréco-bouddhique, n'est-ce pas délibérément s'interdire les moyens de rendre compte de la transformation que, comme nous l'avons vu², celui-ci a subie en Chine ? Car enfin, comment un art indigène inexistant aurait-il pu modifier l'apport d'une école étrangère ? Le néant ne réagit point. Les autres ne vont assurément pas jusqu'à contester l'existence dans l'art chinois « d'éléments gandhâriens » : mais ils déclarent avec désinvolture que ces éléments sont tout à fait secondaires et que la pénétration de l'influence indo-grecque en Chine n'a été qu'un incident sans portée et sans lendemain. En ce cas comment expliquer la rénovation qui se produit à ce même moment dans l'art sec et stylisé des vieux sépulcres du Chan-toung ? Un autre canon de la figure humaine, un sens nouveau des draperies, l'emploi du haut-relief, la présentation des personnages de trois quarts³, aucun de ces traits n'est secondaire, et leur introduction simultanée équivaut à une révolution. Comparez, pour vous en convaincre, dans l'album de Éd. Chavannes, les dalles funéraires de Wou Leang-Tseu, aux sculptures si fouillées de Yun-kang : ou, plus simplement, reportez-vous à notre figure 542. Sur cette stèle, exposée pour la première fois au Musée Cernuschi pendant l'été de 1913 et, depuis lors, transportée au musée de Boston, vous surprendrez côte à côte les procédés caractéristiques des deux écoles : en bas des donateurs traités dans le style des Han, en haut des icones exécutées avec la technique gandhârienne(1). Le contraste est parlant : que dit-il ? — Il dit que c'est du jour où ils ont commencé à reproduire les modèles gréco-bouddhiques transmis par la Sérinde que les vieux graveurs sur pierre de la Chine se sont véritablement transformés en sculpteurs.