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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c17.s2.2

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c17.s2.2

Language
French

v3.c17.s2.2

Mais supposons à présent que, se jetant aussitôt dans l'autre extrême, quelque esthète néerlandais ou quelque Javanais nationaliste répudie toute pénétration de l'influence classique, même à travers l'indienne, dans l'art de Java ? Fort des contrastes reconnus entre les prototypes gandhâriens et leurs insulaires répliques, n'aura-t-il pas beau jeu à prétendre que leur vague rapport pourrait à la rigueur s'expliquer par le fait que les sculpteurs de Boro-Boudour, comme ceux du Nord-Ouest de l'Inde, ont puisé leur inspiration dans le canon des Mûla-Sarvâstivâdins¹? A cette autre forme de demi-vérité poussée jusqu'à l'erreur, il ne serait pas difficile d'opposer des observations péremptoires. Par un phénomène fort surprenant, quand on songe à l'éloignement océanique du pays et à la date relativement tardive des œuvres (IXe siècle), les sculpteurs javanais sont, après les sculpteurs gandhâriens, les meilleurs élèves que les maîtres hellénistiques aient jamais eus dans l'Orient de l'Asie : du moins il n'en est pas qui aient mieux conservé l'esprit des ateliers antiques et continué à faire un plus adroit usage de leurs secrets. Les marques caractéristiques d'influence, que nous commencions tout à l'heure à déceler dans les vieilles œuvres indiennes, s'étalent ici en évidence. Décoration sculpturale uniquement vouée à revêtir la nudité de longues galeries; dessin essentiellement narratif, poursuivi, il est vrai, à travers les cadres successifs d'une série de tableaux; introduction