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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c17.s3.1

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c17.s3.1

Language
French

v3.c17.s3.1

RAPPORTS AVEC L'ART PAÏEN. — Ainsi, qu'on la juge bonne ou mauvaise, c'est toujours la même semence que le vent d'Ouest a peu à peu portée jusqu'aux bornes du vieux monde. Et certes, sur chaque nouveau terrain de culture, elle a donné naissance à des variétés de plus en plus éloignées du type originel : mais le fait n'en garde pas moins son intérêt pour l'histoire générale de la civilisation. La teinte lentement dégradée dont nous couvrions tout à l'heure la carte de l'Inde, c'est d'un pinceau sans hésitation que nous l'étendrions maintenant, de plus en plus pâlissante, sur celle de tout l'Extrême-Orient jusqu'aux premières îles. Et si nous nous retournons à présent vers l'Occident de l'Inde, de pays en pays les historiens de l'art seront d'accord avec nous pour noter, presque dans les mêmes termes, la répétition quasi obligée des mêmes phénomènes. De cette école irano-grecque, malheureusement si mal connue, qui sans doute se développa sous les Séleucides et où M. A. della Setta nous montrait à la fois la voisine immédiate et la plus proche parente de l'école indo-grecque, que nous dit-il? — Qu'« elle avait dû, à s'éloigner du pur centre classique, faire un premier apprentissage de l'application de sa forme à des contenus nouveaux, et satisfaire par suite aux goûts et aux exigences de nouveaux peuples ». Et qu'écrit de son côté M. de Vogüé sur l'art de la Syrie, sinon « qu'il est le produit de la traduction des enseignements grecs par des artistes orientaux¹ »? En somme c'est toujours le même problème qui s'est posé, à Taxila comme à Peukélaôtis, à Ecbatane comme à Ctésiphon ou Séleucie, à Palmyre comme à Pétra ou à Baalbeck... Mais déjà, par cette chaîne de villes nous sommes parvenus aux sources mêmes du courant que nous avons vu s'épandre jusqu'au Pacifique, et à ces sources aussi nous pouvons donner des noms de cités, Pergame ou Éphèse, Antioche ou Alexandrie. Sera-t-il un jour possible pour les archéologues, quand le cours du grand fleuve classique sera mieux exploré dans la traversée du désert de Syrie et de l'Iran, de suivre jusqu'aux régions limitrophes de l'Inde et de la Sérinde l'apport particulier des divers affluents de tête? Ce serait beaucoup de demander, si l'on se rappelle le caractère cosmopolite qu'avait d'avance pris l'art gréco-romain. Mais déjà deux points nous apparaissent clairement. Tout d'abord le secret de ce qu'il subsiste d'obscur dans la transmission de l'influence classique jusqu'au Gandhâra ne pourra nous être livré que par une connaissance plus approfondie de l'archéologie de l'Asie antérieure pendant les siècles qui ont suivi la fondation de Séleucie (306 av. J.-C.). En second lieu nous n'avons pas à chercher le point de départ de ladite influence au delà de ce que nous appelons en Europe l'Orient hellénisé.

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