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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c17.s3.23

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c17.s3.23

Language
French

v3.c17.s3.23

Orient et Occident. — Ainsi se dégagent ou tendent à se dégager peu à peu devant nos regards les conclusions les plus générales auxquelles nos documents puissent naturellement nous conduire. La découverte toute récente de l'unité foncière de l'art bouddhique de l'Asie — ne venons-nous pas de la voir se faire sous nos yeux au cours des quinze dernières années? — a pour corrélative, ne l'oublions pas, l'unité déjà reconnue de l'art européen. Or, ce qui nous apparaît aujourd'hui de plus en plus clairement, c'est qu'ils ont tous deux une commune origine. Dans le monde antique aux environs de notre ère, il y avait, comme chacun sait, une langue commune, grec plus ou moins estropié, que les gens parlaient ou comprenaient partout, de Gadès à Séleucie — peut-être même, un temps, jusqu'à Taxile; et cette langue qui répondait à tout, aux besoins du commerce comme à ceux de la pensée, servit notamment en Orient aussi bien à rédiger les Évangiles qu'à graver en exergue sur les monnaies des Kuṣaṇas le nom du Buddha Çâkya-muni. Ce n'est pas tout : cette langue avait comme une sœur jumelle, une sorte de κοινή artistique, qui elle aussi était du grec plus ou moins déformé, mais conservant néanmoins en tout lieu sa grammaire du dessin et son vocabulaire décoratif; et comme l'image va toujours plus vite et plus loin que la parole, cette langue figurée s'est répandue jusque par-delà la parlée. Les images, tant bouddhiques que chrétiennes, du Sauveur et de la Madone ne sont après tout que les mots les plus marquants, et qui attestent aux plus profanes la parenté des plus distantes écoles, dialectes souvent très défigurés et parfois presque méconnaissables de l'art grec. Les preuves les plus sûres de leurs rapports, les experts les trouvent dans la structure intime des œuvres plutôt que dans la ressemblance de certains motifs : et il en résulte que, pas plus que les linguistes, ils ne se laissent arrêter à des différences purement verbales et extérieures. Scientifiquement parlant, la diversité des mots ou des sujets ne compte pas, aussi longtemps qu'on les forme ou qu'on les dérive selon les mêmes lois. Or nous considérons le fait comme acquis : ce sont en définitive des pédagogues grecs ou hellénisés qui ont d'abord enseigné aux peuples de l'Asie comme de l'Europe à conjuguer le verbe « J'adore

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