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L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c17.s3.26

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c17.s3.26

Language
French

v3.c17.s3.26

Ce sera demain l'œuvre d'archéologues mieux informés que de préciser et d'étoffer ces trop vagues et trop schématiques indications. Ils nous montreront, n'en doutons pas, comment dans l'Asie antérieure, sur le tronc décadent de l'art hellénistique, se sont greffés deux vigoureux rejets, l'un qu'on appelle gréco-bouddhique, l'autre qu'on pourrait aussi bien appeler gréco-chrétien; comment, tandis que celui-ci se divisait en diverses branches, copte, syrienne, byzantine, celui-là a également donné naissance à diverses écoles, à Bactres, au Gandhâra, à Mathurâ; comment enfin, tandis que l'un, par l'Italie, a conquis toute l'Europe, l'autre, par l'Inde et la Sérinde, a envahi toute l'Extrême-Asie. Mais déjà nous pouvons revendiquer plus d'un droit, dont d'ailleurs nous ne nous sommes pas fait faute d'user au cours de notre étude. C'est d'abord celui d'associer intimement l'évolution de l'école du Gandhâra aux dernières vicissitudes de l'art classique, ainsi que dans un corps homogène les pulsations du cœur retentissent aux extrémités. C'est ensuite celui d'élargir de l'un à l'autre Océan le champ des comparaisons légitimes, et de rapprocher, le cas échéant, non seulement les bas-reliefs de Lahore de ceux du Latran, mais les stèles d'Amarâvatî et de Bénarès des sarcophages et des ivoires du Bas-Empire, ou encore les peintures des grottes d'Ajanṭâ ou de Touen-houang des mosaïques de Ravenne ou de Constantinople en passant par les fresques des églises souterraines de Cappadoce. Désormais nous nous refusons à nous étonner, Européens, de rencontrer dans les sanctuaires bouddhiques de l'Inde tous les dieux marins de la Méditerranée; Indiens, de retrouver sur la façade d'un tombeau élevé en Grande-Bretagne par un soldat palmyrénien à son épouse, une Catalaunienne, l'arche trilobée, inscrite dans un fronton, des temples du Kaçmîr; Chinois, de reconnaître devant tel sarcophage romain, dans le monstre qui avale, puis revomit Jonas, le dragon dont l'art extrêmeoriental use et abuse. Enfin, nous n'hésitons plus à surmonter le sursaut d'incrédulité que d'abord nous cause le fait, pourtant attendu, d'un Agésilas dessinant des reliquaires au Gandhâra, ou d'un Titus décorant les sanctuaires de la Sérinde à l'heure même où le Syrien Zénodore fondait un grand Mercure de bronze pour

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