Pramāṇa · Search · About · API

L'art greco-bouddhique du Gandhara: etude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extreme-Orient v3.c17.s3.5

L'art gréco-bouddhique du Gandhâra: étude sur les origines de l'influence classique dans l'art bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient v3.c17.s3.5

Language
French

v3.c17.s3.5

l'autre Océan, que voyons-nous reparaître en feuilletant les recueils gallo-romains ou en visitant les collections d'Arles ou de Trèves? Encore et toujours des acanthes et des rosaces, des guirlandes et des amours, des griffons et des tritons. Parfois se rencontrent des rapprochements plus précis : dans la main droite d’un Neptune figuré sur un sarcophage d’Arles, aujourd’hui au Louvre, repose, par exemple, le même dauphin que dans celle des dieux marins de notre figure 126(1). Ou bien nous relevons des correspondances plus significatives encore, telles celles que présentent de part et d’autre les couples de divinités tutélaires (cf. fig. 382-389 et fig. 597-598). Jamais peut-être meilleure occasion ne nous sera donnée de constater comment, en Gaule et dans l’Inde, les mêmes idées ont été traduites (ou, plus exactement, les mêmes besoins religieux satisfaits) par les mêmes expressions artistiques. Mais apparemment personne n’ira imaginer d’influence directe entre le Gandhara et le pays des Éduens : et ainsi nous voyons à la fois combien sont justifiées ces comparaisons à longue portée, et le peu de valeur historique qu’il convient de leur attribuer. Il ne s’agit après tout que d’un lointain cousinage. La souche commune doit être cherchée sinon à égale distance des deux branches, du moins dans leur intervalle. Entre les Gaules et la Grèce européenne s’interposait seulement l’Italie, comme la région indo-iranienne entre la Grèce asiatique et la Chine : et si l’on voulait pousser jusqu’au bout le petit jeu des analogies, on pourrait à ce point de vue en découvrir une de plus entre la Grande-Bretagne et le Japon. On ne s’étonnera pas d’ailleurs que l’influence classique soit infiniment moins marquée dans l’art des îles nipponnes que dans celui de la soi-disant « lointaine Thulé ». Ce n’est pas seulement que, pour parvenir au Pacifique, elle avait dû traverser l’épaisseur singulièrement plus considérable du continent asiatique : c’est encore qu’elle avait dû filtrer à travers un écran beaucoup moins perméable que les rudiments de notre culture celtique, à savoir la civilisation chinoise.