Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.12
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.12
- Language
- French
v1.c2.12
Le Névar eut d'abord à triompher d'un péril décisif. A l'Orient des bergers du Népal, une tribu parente avait occupé le bassin des sept Kosis ; répandue sur ce vaste territoire, que la nature elle-même avait découpé en étroites vallées par des barrières de hautes montagnes, la tribu des Kirâtas s'était divisée en principautés ; mais fatigués peut-être de s'épuiser à des rivalités stériles, instruits peut-être par l'exemple de l'Inde voisine, ils s'organisèrent en confédération, comme les Mallâs ou les Vṛjjis du pays aryen, et forts de leur union ils fondèrent un empire qui déborda sur la plaine au Sud, s'étendit vers la mer jusqu'au delta du Gange, imposa son souvenir à l'épopée hindoue, tandis qu'à l'Ouest leur expansion triomphante arrachait le Népal aux rois bergers. La Vamçâvalī enregistre une longue série de rois Kirâtas de qui les noms barbares semblent porter un cachet d'authenticité. C'est au cours de cette période que le Bouddha d'abord, l'empereur Açoka ensuite auraient visité le Népal. Pris à la lettre, les deux faits sont au moins douteux, sinon improbables ; ils expriment toutefois une part de vérité. Le bouddhisme était né au pied des montagnes népalaises, au débouché des routes qui mènent du Népal aux plaines, sur les confins du monde aryen ; l'Himalaya tout proche a pu tenter les premiers apôtres, impatients de propager les paroles du salut. Et plus tard, vers 250 av. J.-C., quand Açoka entreprit son pieux pèlerinage aux lieux saints, sa route, reconnaissable encore aux piliers qu'il dressa, le conduisit au moins dans cette sorte de zone mixte où le montagnard népalais rencontre l'Hindou des plaines.