Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s1.1
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s1.1
- Language
- French
v1.c2.s1.1
La vallée du Népal (*Nepāla*) s'ouvre à mi-chemin entre les plaines de l'Hindoustan et les hauts sommets de l'Himalaya. Elle dessine un ovale assez régulier, allongé dans le même sens que la chaîne ; le grand axe, de l'Est à l'Ouest, mesure environ vingt-cinq kilomètres ; le petit axe, du Nord au Sud, seize kilomètres. Les pentes septentrionales s'arc-boutent contre une arête transversale de l'Himalaya projetée par le Gosainthan (7 714 m.) et qui culmine au Dayabang ou Jibjibia (7 244 m.) à distance égale des passes de Kirong et de Kuti, entre les eaux des Kosis et les eaux des Gandakis. Jadis un vaste lac couvrait, dit-on, toute la vallée ; l'intervention d'une divinité aurait ouvert une brèche aux eaux et livré le sol aux hommes. L'aspect du Népal explique la légende. Les montagnes, dressées à l'entour en cirque continu, dissimulent même la passe étroite qui laisse échapper au Sud le drainage local. Leurs sommets, comparés aux géants de l'Himalaya, n'ont qu'une altitude modeste de 2 000 à 3 000 mètres. Une puissante végétation les couvre jusqu'au faîte : les arbres d'Europe, et surtout les chênes, s'y étagent au-dessus des arbres tropicaux. Le mont Manichur (*Maṇicūḍa*) occupe l'extrémité Nord-Est de la vallée ; une chaîne de hauteurs secondaires le relie vers l'Ouest au mont Sheopuri (*Çivapurī*) haut de 2 500 mètres, et par delà, au mont Kokni ou Kukani ; derrière ce rideau se creusent des vallées inexplorées que couronne au loin la ligne blanche des neiges et des glaces. La masse imposante du Nagarjun (*Nāgārjuna*) se dresse vis-à-vis du Kokni, vers l’Ouest-Sud-Ouest ; la dépression qui se creuse dans l’intervalle offre un chemin commode entre le Népal et la vallée de Nayakot (*Navakūṭa*), son annexe naturelle. A l’Ouest, le Dhochôk, rangée de collines onduleuses, qui n’atteint pas 1 800 mètres, réunit les contreforts occidentaux du Nagarjun aux épaulements du Chandragiri (*Candragiri*). Les affluents de la Tirsuli Gandaki, qui descendent de son versant occidental, ouvrent une seconde voie de communication entre Nayakot et le Népal. Le Chandragiri élève ses pentes abruptes à l’angle Sud-Ouest de la vallée ; la route de l’Inde gravit ses escarpements, franchit la ligne de faîte à peu de distance du sommet (un peu moins de 2 500 m.) et redescend sur le versant méridional au village de Chitlaung, dans la vallée du Petit-Népal. Le Chandragiri se soude vers le Sud-Est au Champadevi (*Campādevī*). La vallée latérale qui longe leur revers méridional a été fréquemment parcourue par les voyageurs européens jusqu’à la fin du XVIIIe siècle ; leur témoignage unanime la représente comme une gorge étroite, pénible, misérable. Entre le Champadevi et le mont Mahabharat (*Mahābhārata*) s’ouvre la brèche de Kotpâl (ou Kotvâl), unique fissure de ce vaste mur de montagnes, et juste assez large pour donner passage à la rivière Bagmati. Le Mahabharat n’est lui-même qu’un contrefort du Phulchôk. Le Phulchôk est la plus élevée des cimes qui regardent la vallée ; son altitude est exactement de 3 000 mètres. Enfin, du côté de l’Est, le mont Mahadeo-pokhri (*Mahādeva-puṣkariṇī*) s’étale entre le Phulchôk et le Manichur. Une passe facile, qui se creuse entre le Phulchôk et le Mahadeo-pokhri, mène du Népal oriental à la vallée de Banepa, que les souvenirs historiques rattachent directement, comme Nayakot, à l’histoire du Népal.