Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.17
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.17
- Language
- French
v1.c2.s3.t2.17
Tandis que Hiouen-tsang, lié par un engagement ancien, rentrait en Chine par la voie détournée du Pamir, une ambassade chinoise s'acheminait vers l'Inde à travers le Tibet². Li.I-piao la commandait, avec Wang Hiuen-ts'e pour second, et vingt-deux hommes d'escorte. Elle ramenait dans l'Inde un brahmane, venu comme hôte officiel de l'Empire. La route qu'elle suivait n'avait pas encore été frayée ; des événements récents, et considérables, l'avaient presque soudainement ouverte. A la fin du VIe siècle, le Tibet barbare et sauvage s'était organisé en nation ; le second roi du Tibet, Srong-tsan Gam-po, avait fondé Lhasa, étendu son empire au loin, passé l'Himalaya, essayé sur le Népal la force grandissante de ses armes ; vainqueur, il avait exigé du roi Amçuvarman la main de sa fille. Puis il s'était retourné contre les Chinois, avait osé réclamer à la famille des T'ang une princesse de sang impérial comme épouse, et avait fini par l'obtenir à force de victoires. Les deux reines, qu'une même fortune amenait des bouts de l'horizon à la cour d'un barbare de génie, avaient de commun un zèle ardent pour la foi bouddhique ; elles avaient l'une et l'autre apporté de leur patrie leurs idoles, leurs rites, leurs livres saints. Srong-tsan Gam-po se laissa gagner à leur influence, qui servait en réalité ses ambitions. Converti au bouddhisme avec son peuple, il frayait de pair avec ses voisins de l'Inde et de la Chine. Désormais une route continue, jalonnée de monastères et de chapelles, alla de l'Empire du Milieu à l'Hindoustan en passant par Lhasa. La mission de Li I-piao suivit d'abord la route qu'avait foulée en 641 le cortège de la princesse Wen-tch'eng ; après Lhasa elle rejoignit l'Himalaya et le franchit à la passe de Kirong par le chemin qu'avait pris le cortège de la princesse népalaise¹. Elle atteignit ainsi le Népal. Li I-piao et ses compagnons y furent accueillis, soit à l'aller, soit au retour, par le roi Narendra deva qui se plut à leur en montrer les curiosités, entre autres la source flambante dont la description avait émerveillé déjà Hiouen-tsang.