Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.33
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.33
- Language
- French
v1.c2.s3.t2.33
Dès que le Népal avait connu la puissance de l’Empire Chinois, il s'était empressé de rechercher la protection du suzerain lointain qui pouvait le défendre contre les convoitises des Hindous et des Tibétains, sans menacer de trop près son indépendance. Le roi Narendra deva, qui avait accueilli avec déférence la mission de Li'l-piao vers 644, envoya en 651 une ambassade porter au Fils du Ciel ses présents respectueux. L'Inde et la Chine à ce moment semblaient se chercher, s'appeler, et vouloir se fondre pour élaborer en commun une forme supérieure de civilisation ; l'œuvre patiente des apôtres et des pèlerins qui sillonnaient depuis cinq siècles le centre de l'Asie allait porter ses fruits. Un voisin du Népal, un prince hindou qui prétendait sortir d'une dynastie vieille de quatre mille ans, le plus puissant vassal de l'empereur Harça Çilâditya, Kumâra Bhâskara varman, roi de Kâmarûpa, comblait de prévenances les Chinois qui passaient dans l'Inde, qu'ils fussent des envoyés officiels comme Li I-piao et Wang Hiuen-ts'e ou des moines comme Hiouen-tsang et Tao-cheng. Tout attaché qu'il était aux doctrines orthodoxes du brahmanisme, il sollicitait de la faveur impériale une traduction sanscrite des œuvres de Lao-tzeu¹. Le mysticisme métaphysique de l'Inde et le réalisme vigoureux de la Chine mis en contact pouvaient créer dans l'Extrême-Orient un monde harmonieux de croyance et d'action. Les Arabes et les Tibétains surgirent tout à coup pour anéantir à l'envi ce beau rêve. Un demi-siècle avait suffi pour porter la vague furieuse de l'Islam jusqu'au pied du Pamir, un demi-siècle avait suffi pour créer sur les plateaux glacés du Tibet une puissance rivale des T'ang. La Chine, humiliée, recule. C'est en vain que trois fois, entre 713 et 741, le Centre et le Sud de l'Inde sollicitent le secours de l'Empereur, qu'ils croient encore tout-puissant, contre les deux ennemis qui menacent leurs frontières. Le descendant de T'ai-tsong, Hiuen-tsong, se contente d'octroyer aux armées hindoues un titre d'honneur. L'Inde a compris cet aveu d'impuissance. « A dater de 760, les rois de l'Inde cessèrent de venir à la cour¹. »