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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.60

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.60

Language
French

v1.c2.s3.t2.60

Il fallait de sérieuses et graves raisons pour décider le Fils du Ciel à prendre les devants et à honorer un petit potentat d'une amitié qui n'avait pas été sollicitée. « Grâce à la connaissance profonde qu'il avait des livres bouddhiques, Tcheu-koang sut répondre aux intentions de l'empereur et manifester sa vertu. Le roi du Népal nommé Ma-ta-na lo-mo envoya un ambassadeur à la cour porter des présents consistant en petites pagodes d'or, livres sacrés du Bouddha, chevaux renommés et productions du pays. Cet ambassadeur arriva à la capitale la vingtième année de Hong-wou (1387). L'Empereur en fut très content et lui conféra un sceau d'argent, un cachet de jade, une lettre, des amulettes et des soieries. » L'arrière-pensée de Hong-wou se marquait clairement au titre de « lo-mo » Lama, que les Annales accolent au nom du roi Ma-ta-na ; mais le souverain du Népal dut en être surpris, car la dynastie à laquelle il appartenait se piquait d'orthodoxie et de pureté brahmanique. En 1390 un autre ambassadeur vint apporter le tribut. L'Empereur lui fit cadeau d'un cachet de jade et d'un dais rouge. Pendant les dernières années de Hong-wou, il ne vint qu'un seul ambassadeur pour une période de plusieurs années. L'empereur Young-lo suivit l'exemple de son aïeul. « Il ordonna au bonze Tcheu-koang de retourner en ambassade au Népal ; ce pays envoya son tribut la septième année (1409). La onzième année, l'Empereur ordonna à Yang San-pao d'aller offrir en présent au nouveau roi du Népal Cha-ko-sin-ti et au roi de (Ti) Yong-t'a, Ko-pan, des lettres, des cadeaux en argent et en soie. L'année suivante (1414) Cha-ko-sin-i ayant envoyé son ambassadeur porteur de son tribut, l'empereur lui conféra le titre de roi du Népal (*Ni-pa-la kouo-wang*) et lui fit présent d'un diplôme contenant cette investiture, un sceau en or et un sceau en argent. La seizième année (1418) Cha-ko-sin-ti ayant envoyé de nouveau un ambassadeur porteur de son tribut, l'Empereur ordonna à l'eunuque Teng-tch'eng de se rendre au Népal et d'offrir au roi un cachet et des pièces de soie et de satin. Teng-tch'eng distribua des présents aux princes des différents pays qu'il traversa. » Le second successeur de Young-lo, Hiuen-te (1426-1435), essaya de continuer la tradition. « La seconde année (1427) l'eunuque Heou-hien fut envoyé de nouveau faire au roi du Népal des cadeaux consistant en pièces de soie et de lin. » Mais la cour de Pékin attendit en vain une politesse de retour. « Dès lors nul ambassadeur ne vint à la cour et nul tribut n'y fut envoyé¹. »