Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.64
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t2.64
- Language
- French
v1.c2.s3.t2.64
Les relations entre le Grand-Lama et les premiers Mandchous se bornèrent longtemps à un échange de politesses ; les nouveaux maîtres de la Chine étaient trop occupés chez eux pour se soucier du Tibet. Un ministre audacieux alla même jusqu'à dissimuler pendant quinze ans la mort du Dalai-Lama, engagé, disait-il, dans une méditation surnaturelle, et sous ce couvert il exerça sans être inquiété un pouvoir absolu (1682-1697). Il en profita pour exciter les Mongols à la guerre sainte contre la Chine et pour soutenir sans se compromettre la grande rébellion des Dzoungares. Mais l'empereur K'ang-hi, l'illustre contemporain de Louis XIV (1662-1722), réussit à réduire ces ennemis redoutables. Toutefois, avant d'intervenir en personne au Tibet, il lança sur la capitale des Lamas le prince des Khoskhotes, son allié, Latsan khan. La ville fut prise et le ministre usurpateur tué (1706). Peu d'années après, les Capucins fondaient leur mission népalaise (1707-1709). Un nouveau mouvement des Dzoungares amena l'intervention directe de l'Empire : les troupes de K'ang-hi, au nombre de 130 000 hommes, occupèrent Lhasa. Le pouvoir spirituel fut laissé au Dalai-Lama ; mais un conseil de gouvernement fut chargé de l’administration sous le contrôle chinois. Le Tibet perdait son autonomie ; la Chine s’étendait jusqu’aux frontières du Népal.