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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t3.17

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t3.17

Language
French

v1.c2.s3.t3.17

Le brahmane et le bouddhiste pouvaient opter entre trois langues pour écrire leur Vamçâvalî: le sanscrit, recommandé par son prestige religieux et littéraire, mais réservé aux savants; le névar, la vieille langue indigène; enfin le parbatiya (ou: khas), nouveau venu dans la vallée, où la conquête Gourkha venait de l'introduire. L'un et l'autre ont choisi le parbatiya, et par là trahi la même préoccupation. Ils ne visent point un succès d'école; ils ne s'adressent pas aux Névars assujettis; ils veulent atteindre les nouveaux maîtres du pays, également redoutés du bouddhisme qu'ils détestent comme une hérésie, et des brahmanes qu'ils dépouillent au nom de l'orthodoxie. Ce n'est pas une curiosité de dilettante qui porte les deux auteurs à recueillir les souvenirs et les traditions du passé; ils se soucient moins encore d'élever un monument à l'indépendance perdue. Ils ne cherchent qu'à détourner des temples et des couvents la rapacité malveillante des vainqueurs; ils rappellent la longue suite des miracles qui consacrent l'origine des fondations religieuses, comme une menace salutaire de la vengeance divine prête à châtier les convoitises criminelles. La Vamçâvalî, malgré ses apparences historiques, n'est qu'un rameau de la littérature des Purâṇas.