Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t3.33
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c2.s3.t3.33
- Language
- French
v1.c2.s3.t3.33
Le style et la langue du Nepâla-mâhâtmya n'appellent pas d'observation particulière; le poète manie sans embarras et sans incorrection les formules banales qui servent à tous les ouvrages du même genre. Mais son inspiration religieuse le classe à part; elle réfléchit fidèlement le syncrétisme éclectique qui a presque toujours prévalu au Népal. Les mâhâtmyas en général, comme toute la littérature pouranique dont ils se réclament, affichent une sorte de fanatisme sectaire; le dieu local y est exalté aux dépens de tous ses rivaux. Le Nepâla-mâhâtmya au contraire, en dépit de son origine clairement brahmanique, met sur le même rang Çiva, Viṣṇu et le Bouddha. Le poète fait proclamer l'identité de Viṣṇu et de Çiva par la voix de Nemi, comme au nom du Népal tout entier dont Nemi est le saint patronal. Au reste, l'orthodoxie brahmanique de l'Inde n'a-t-elle pas admis le Bouddha parmi les avatars de Viṣṇu? Ici le Bouddha n'est qu'une « forme » de Kṛṣṇa; toutefois ils ne se confondent pas entièrement tous les deux. Si le Bouddha réside parfois, comme Kṛṣṇa, dans le Kathiawar (Saurāṣṭra), il lui arrive aussi de passer en Chine (Mahâ-Čína), où la présence de Kṛṣṇa serait inattendue. Les divinités concurrentes ne rivalisent que de politesse aimable : Çiva-Paçupati félicite Nemi qui l'a reconnu identique à Viṣṇu; l'épouse de Çiva offre au Bouddha une faveur à choisir et consent à lui laisser partager avec Çiva les honneurs du culte. Et « le Compatissant », qui ne veut pas être en reste de courtoisie, dédie à Çiva le liṅga de la Compassion (Kâruṇikeçvara).