Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c3.s2.1
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c3.s2.1
- Language
- French
v1.c3.s2.1
Les Gourkhas, qui se sont établis en maîtres au Népal depuis 1768, continuent à porter avec orgueil le nom du pays qui fut le berceau de leur puissance : avant la conquête de Prithi Narayan, ils habitaient la principauté de Gourkha, un des petits états qui constituaient le territoire des Vingt-Quatre Rois (Chaubisi Râj), dans le bassin des Sept Gandakis, à l'Ouest du Népal. Naturellement, la principauté variait sans cesse d'étendue, dans le chaos d'une féodalité ambitieuse et remuante. En général elle atteignait à l'Est la Tirsuli Gandak, la plus orientale des Sept Gandakis, qui baigne la seigneurie de Nayakot, et que les mamelons du Deochok séparent seuls des eaux népalaises. Au temps des trois royaumes (xviiᵉ-xviiiᵉ siècles), le royaume de Katmandou s'étendait vers l'Ouest jusqu'à la rive droite de la Tirsuli Gandak. Le Gourkha avait pour limite régulière à l'Ouest la Marsyandi qui séparait la principauté des états minuscules de Lamjung, Tanahung et Pokhra. La capitale, Gourkha, unique ville de la région, est construite sur une haute colline, le Hanuman-ban-jang, qui tombe du côté de l'Ouest dans la Darandi. Elle est située à 100 kilomètres environ de Katmandou. Elle passe pour contenir 2 000 maisons, soit de 15 000 à 20 000 habitants, avec ses dépendances. L'ancien darbar, le berceau de la dynastie actuelle du Népal, tombe en ruines. La ville et la principauté ont pris le nom de leur divinité tutélaire, Gorakṣa Nâtha, en langue vulgaire Gorakh, Gorkha, patron des Yogis qui fréquentent l'Himalaya ; nous le retrouverons associé, dans la littérature et dans les traditions du Népal, à Matsyendra Nâtha, patron de la grande vallée.