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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c3.s2.4

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c3.s2.4

Language
French

v1.c3.s2.4

Dravya Sâh se piquait d'une origine illustre. La tradition, pieusement et fièrement maintenue par ses descendants, le rattachait aux plus authentiques et aux plus purs des clans rajpoutes. L'empereur Alâu-d-Dîn (que la légende désigne par confusion sous le nom d'Akbar) furieux contre les Rajpoutes de Chitor qui lui avaient refusé la main d'une femme de leur caste, marcha contre la forteresse qui passait pour imprenable, et s'en empara (1303). Treize cents Râṇîs (femmes de caste Kṣatriya) s'immolèrent volontairement sur le bûcher ; la princesse convoitée par le musulman se jeta dans une cuve d'huile bouillante, martyre de la pureté brahmanique. Une partie des survivants se retira à Ujjayinî (Ogein) sous la conduite de Manmath, dernier fils du râja de Chitor, tandis que l’aîné allait fonder Udaypur; la maison d’Udaypur est regardée depuis lors comme le parangon des Rajpoutes. Le plus jeune fils de Manmath, Bhûpâl, quitta Ujjayînî et sur les indications de sa divinité personnelle (*iṣṭa-devatā*), alla s’établir au Nord, dans les collines, à Riḍi ou Riri, petite bourgade située à 260 kilomètres de Katmandou, à 160 kilomètres de Gourkha. Il y arriva en 1495, près de 200 ans après la chute de Chitor dont son père aurait été témoin! De Riḍi il passa à Sarghâ, puis, continuant vers l’Est, à Bhirkot. Il s’y fixa, défricha le sol, eut deux fils, Khânchâ et Michâ, dont on se garde bien de désigner la mère; il les fit initier comme kṣatriyas, leur procura des femmes rajpoutes de la plaine. Le second fils Michâ conquit Nayakot, petite ville au Nord-Ouest de Gourkha, distincte de la ville du même nom sur les confins du Népal. Un de ses descendants, Kulmandan, devint roi de la principauté de Kaski, près de Nayakot, et reçut de l’empereur de Delhi le titre de Sâh. Les gens de Lamjung, un village voisin blotti dans les montagnes, vinrent lui demander un de ses fils comme roi; quand ils l’eurent, ils le prirent pour cible, sous prétexte de viser du gibier, et l’accablèrent de flèches empoisonnées. Mais incapables de se gouverner sans roi, ils allèrent demander au roi un autre de ses fils; ils finirent par triompher de ses résistances légitimes par les engagements le plus solennels; autorisés à choisir entre les cinq fils qui restaient, ils attendirent la nuit, observèrent les princes endormis, virent la tête du plus jeune se relever sur le coussin, et convaincus des hautes destinées qui l’attendaient, le prirent pour chef. C’est ce prince qui eut à son tour comme second fils Dravya Sâh, conquérant de Gourkha¹.