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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c3.s2.60

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c3.s2.60

Language
French

v1.c3.s2.60

La première en dignité de ces classes est celle des Khvâs ou Khavas, esclaves ou affranchis royaux qui sont les hommes de confiance du palais; c'est l'emploi qu'ils tenaient déjà, dit-on, à Chitor. Les bâtards de la famille royale, les enfants nés d'un Thâkur et d'une esclave sont rangés dans cette caste. Il faut se garder de confondre les Khvâs avec les Ketas ou Kamâras (Karmakâras) qui sont les esclaves ordinaires. L'esclavage est en effet une des institutions du Népal; le nombre des esclaves s'y élève à vingt ou trente mille. La provenance en est variée; les uns sont nés en servitude, les autres, en punition d'un crime, ont été dégradés et vendus; d'autres, et les plus nombreux, ont été vendus par des parents nécessiteux. Les parents essaient d'abord de les vendre à des gens de bonne caste qui respectent les obligations de caste de leur esclave; s'ils n'y réussissent pas, ils se résignent à les vendre à des parias ou à des infidèles. L'enfant perd dès lors sa caste, mais les parents conservent la leur, à moins qu'ils reprennent chez eux leur enfant, même affranchi. Le prix d’un esclave va de 150 à 200 francs pour un garçon, de 200 à 300 pour une fille. Les filles esclaves, même les esclaves de la reine, sont toutes légalement des prostituées; leurs maîtres ne leur assurent que la nourriture la plus frugale, et les laissent pourvoir à leur vêtement par leurs propres ressources. Une esclave qui a un enfant de son maître peut réclamer son affranchissement.