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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c3.s2.69

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c3.s2.69

Language
French

v1.c3.s2.69

Installés de longue date entre les Collines de Grès et les hautes vallées, dans le bassin des Sept Gandakis, autour de Palpa comme centre, ils furent les premiers à entrer en contact avec les Rajpoutes qui fuyaient devant l'invasion musulmane ; ils les accueillirent amicalement, les retinrent et finirent par les accepter comme chefs. La plupart des Khas, sinon des Thâkurs, ont en réalité du sang magar dans les veines. Les Magars étaient originellement, comme tous les rejetons himalayens de la race tibétaine, grands mangeurs de viande et grands buveurs d'alcool. Les premiers d'entre eux qui se convertirent à l'hindouisme ne firent guère sans doute que renoncer à la viande de vache, et gagnèrent par ce sacrifice d'être diplômés Kṣatriyas ou Khas par les brahmanes. Le mouvement de conversion n'a pas cessé de se propager ; mais les brahmanes moins accommodants depuis qu'ils sont plus forts refusent aux nouveaux prosélytes les avantages accordés à leurs devanciers. Les Magars qui ne sont pas Khas n'ont pas droit encore au cordon brahmanique ; la plupart des clans se divisent en deux branches qui portent en commun le même nom, mais l'une convertie de longue date a le titre de Khas ; l'autre, fraîchement convertie, parfois même encore rebelle à l'hindouisme, continue à porter une désignation indigène jointe au nom du clan : tels, par exemple, les Thâpâs Khas, qui jouent un rôle si considérable dans l'histoire contemporaine du Népal, et les Thâpâs Rangus. Pour se consoler, les nouveaux prosélytes s'attribuent les noms les plus ronflants de la noblesse hindoue : Surajbansi, Chandrabansi, etc. (Race-du-Soleil, Race-de-la-Lune), mais ce sont là des appellations de pure fantaisie. Leur langue, de plus en plus imprégnée d'éléments empruntés au Khas, tend à disparaître rapidement devant la langue des Gourkhas¹.