Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c3.s3.2
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c3.s3.2
- Language
- French
v1.c3.s3.2
Je ne prétends pas que les institutions politiques soient restées immuables pendant une durée de treize siècles. Le pays est tantôt soumis à l'autorité d'un empereur, tantôt partagé entre plusieurs rois, tantôt morcelé à l'infini en principautés féodales. La première des dynasties historiques, les Liččhavis, se pique d'appartenir au clan glorieux qui gouvernait, du vivant du Bouddha, la plus opulente des cités de l'Inde, Vaiçâlî, mais les Liččhavis du Népal n'avaient pas copié la constitution oligarchique de l'antique métropole, avec sa singulière royauté élective et annuelle. La royauté est héréditaire, et se transmet de père en fils. Le roi porte le titre assez modeste encore de bhaṭṭâraka mahârâja « souverain roi ». Il est entouré de barons (*sâmantas*) turbulents et indociles qui consentent seulement à le reconnaître comme *primus inter pares* et qui profitent de chaque occasion favorable pour refuser l'hommage. Le roi n'impose son autorité que par la force. Le fondateur de la dynastie Thâkurî, Amçuvarman, se contente du titre de *mahâ-sâmanta* « Grand Marquis », équivalent atténué de *mahârâja* ; mais son successeur Jiṣṇu gupta lui décerne déjà le titre pompeux de *bhaṭṭâraka mahârâjâdhirâja* « souverain Roi des Rois » et le titre ainsi enflé s'amplifie encore dans la suite; à partir du VIIIe siècle, le roi est désigné officiellement comme « le maître suprême, le Souverain Suprême, le Roi des Rois » *parameçvara parama bhaṭṭâraka mahârâjâdhirâja*.