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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c3.s3.49

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c3.s3.49

Language
French

v1.c3.s3.49

L'agriculture¹, les métiers et le commerce du Népal sont tout entiers aux mains des Névars. Il n'y a pas de Gourkha qui cultive ; il n'y a pas de Névar qui ne cultive pas. Outre la classe rurale des Jyâpus, les artisans et les marchands établis en ville ont tous un lopin de terre qu'ils exploitent personnellement. Le goût des Névars pour la culture, combiné avec les besoins d'une population prodigieusement dense, a su tirer un parti magnifique des ressources naturelles de la vallée. Les indigènes répartissent les terrains de culture en deux catégories, tout à fait indépendantes de la richesse propre du sol : la première comprend tous les terrains situés à proximité d'une rivière ou d'un cours d'eau, par conséquent sûrs d'être inondés à la saison des pluies et susceptibles d'être irrigués dans la saison sèche ; la seconde comprend les terrains qui n'offrent pas par leur situation la même sécurité ni la même commodité. Les ruisseaux qui descendent sur les flancs des montagnes sont captés à tous les étages de leur course, et contraints de partager leurs eaux entre les menus canaux d'irrigation. Grâce à ce système, la culture du riz, qui est par excellence la culture du pays, a pu escalader les pentes; les hauteurs qui encadrent le fond de la vallée présentent l'aspect d'un amphithéâtre énorme taillé en gradins réguliers. La patience et l'ingéniosité des habitants ont multiplié les terrasses bordées de petites levées en terre battue pour retenir les eaux précieuses. Dès les premiers siècles de l'histoire népalaise, les inscriptions montrent le développement des canaux d'irrigation (tilamaka) réglementés par des chartes royales. Une inscription plus tardive et datée du XVIIe siècle, sous le règne de Jitāmitra Malla, vaut d'être rapportée pour la précision des détails ; le texte en est inséré dans la Vamçāvalī bouddhique : « Les inspecteurs du canal ne donnent pas honnêtement l'eau au peuple, et c'est pourquoi le présent arrangement est pris. Au moment où on plante le riz, le peuple doit faire un canal d'irrigation, et quiconque y travaille doit après une journée de labeur venir réclamer une attestation royale, qui lui donnera droit à l'eau. Quiconque ne pourra pas produire cette attestation sera puni d'une amende maximum de 3 dâms (1 ½ anna). Les inspecteurs ne devront pas prélever de droits pour laisser prendre l'eau du canal. Le rang des individus ne sera pas pris en considération dans la distribution de l'eau, mais chacun doit recevoir sa part à son tour. Si les inspecteurs ne laissent pas chacun à son tour prendre l'eau, l'inspecteur en chef sera condamné à six mohars d'amende. » Le procédé de répartition varie; tantôt l'irrigation commence par le champ le plus rapproché du cours d'eau; tantôt, chacun à tour de rôle, a l'eau à sa disposition un nombre déterminé d'heures. Un roulement analogue s'établit pour les canaux disposés le long du même cours d'eau, à des altitudes différentes, si le débit ne suffit pas à alimenter simultanément un grand nombre de prises.