Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c4.145
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c4.145
- Language
- French
v1.c4.145
Mais la nomenclature des Nava-durgâs est loin d'épuiser la liste des Notre-Dame Népalaises ; à l'époque de la fondation de Katmandou, le roi Guṇa kâma deva « ressuscita » une autre série de Nava-durgâs. Les plus notables des Içvaris hors cadre sont : Kṣetrapâleçvarî, divinité protectrice du sol; Kaṅkeçvarî, adorée aussi sous le nom de Rakta-Kâlî et honorée annuellement d'un sacrifice humain; Kuliçeçvarî; Maheçvarî; Caṇḍeçvarî, qui a pour résidence originelle (pîṭha) la vallée de Banepa, à l'Est du Népal; c'est de là que Guṇa kâma deva l'amena au Népal; c'est là aussi qu'elle répandit sa protection sur les premiers Mallas. Mâneçvarî est la protectrice des Licchavis, prédécesseurs des Mallas; mais en recueillant la couronne, la nouvelle dynastie ne négligea pas d'adopter la patronne du clan royal qu'elle remplaçait. La dynastie de Harisiṃha deva introduisit encore par surcroît une nouvelle forme de Devî; son nom, soigneusement tenu secret, s'est transmis avec des altérations embarrassantes : Tulasî, Tulajâ, Taleju, Talagu. Entre les titres usuels de Devî, on lui donnait de préférence celui de Bhavânî. L'image authentique de la déesse, qui se confond avec la personne même, passait pour être venue du ciel; enlevée par Râvaṇa, elle avait échappé à ce démon; Râma l'avait retrouvée, installée à Ayodhyâ; elle avait ensuite passé à Simângarh, d'où elle avait conduit Harisiṃha à la conquête du Népal. Son prestige était si grand que les Tibétains, impatients de se procurer cette auxiliaire puissante, tentèrent de la ravir à main armée. Léguée par la dynastie de Harisiṃha deva aux Mallas de Bhatgaon, elle excita l'envie des Mallas de Katmandou, jusqu'au jour où Mahîndra Malla eut la satisfaction d'élever dans sa capitale un temple à Tulajâ Bhavânî (1549). La formule magique qui asservit Tulajâ à son dévot passait régulièrement avec les insignes du pouvoir du roi à son héritier: mais le roi Lakṣmî Narasimha, père de Pratâpa Malla, mourut fou, et la puissante formule se perdit. Le temple de Tulajâ ne s'ouvrait qu'au roi seul.