Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c4.153
Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c4.153
- Language
- French
v1.c4.153
LES BHAIRAVAS. — Derrière les protagonistes se presse une masse innombrable de divinités secondaires, imaginées à plaisir par les religions rivales. Au premier rang se placent les Bhairavas, avec leurs compagnes les Bhairavîs « les Terribles ». On désigne sous ce nom inquiétant les esprits émanés soit de Mahâ-Deva, autrement dit Çiva, soit de Devî, les énergies mâles ou femelles où se manifeste la toute-puissance divine. Le territoire du Népal, tout restreint qu’il est, sert d’asile à 5 600 000 Bhairavas et Bhairavîs. On représente généralement les Bhairavas avec la bouche ouverte, des dents proéminentes, une chevelure en désordre, un œil de surcroît au front ; ennemis des démons, ils les foulent sous leurs pieds ; leurs images rappellent ainsi les Saint-Georges et les Saint-Michel du christianisme. Comme la plupart des divinités népalaises, les Bhairavas vont volontiers par quatre, sans doute pour faire face aux quatre directions ; c’est une disposition stratégique de ce genre que, par exemple, le bhikṣu Çântikara adopte, après avoir consacré le sol de Svayambhû². Le nombre immense des Bhairavas permet une infinie variété de combinaisons. Il n’est pas jusqu’au Bouddha et jusqu’au voyant Vasiṣṭha qui ne figurent parmi les Bhairavas³. Le groupe de Bhairavas le plus célèbre, et tenu pour le plus ancien, est formé par les Bhairavas de Nayakot, de Bhaktapura (Bhatgaon), de Sanga (à l’Est, hors de la vallée), et de Pañcalinga ; un autre groupe réunit les Bhairavas Harasiddhi, Hayagrîva, Lutâbhâhâ et Tyângâ. Leurs noms mêmes décèlent en général leur origine et leur fonction strictement locale. Le plus populaire est le Bhairava Pañčaliṅga, protecteur du sol (Kṣetra-pâla) des régions méridionales de l’univers, et par suite du Jambû-Dvîpa tout entier, l’Inde comprise. Le fondateur de Katmandou, Guṇa kâma deva, l’a établi à l’Ouest du Népal. Le Bhairava de Harasiddhi est venu d’Ujjayinî, amené par Vikramâditya; il est associé à Nîla-Tàrà-Devî. Le Prayâga-Bhairava vient de l’Est; Amçuvarman l’a introduit.
Linked texts (1)
- Svayambhūpurāṇa — Sanskrit