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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c4.171

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c4.171

Language
French

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Après cette journée si laborieuse, le pèlerin doit passer la nuit à veiller, distrait par le chant et la danse ; il doit aussi donner à manger aux brahmanes. Le matin, dès l'aube, il se baigne à l'étang voisin, prend congé du liṅga, et continue sa route vers l'Est. Il atteint d'abord le lac Tričampaka, où Mâdhava (Viṣṇu) repose sur les anneaux du serpent Ҫeṣa ; il répand dans l'eau sainte des offrandes aux Dieux et aux Pères. Entré dans la vallée de Banepa, il va adorer Ċaṇḍeçvarī, protectrice de Banepa, et Ċaṇḍeçvara son compagnon, puis visite le Dhaneçvara-liṅga élevé par le dieu des richesses, le Gokhurakeçvara, « qui porte encore l'empreinte d'un sabot de vache » et qui fut fondé par Kàmadhenu, la Vache d'Abondance ; l'Indreçvara, établi par Indra au confluent de la Nîrâvatî (ou Lîlâvatî) et de la Roṣamatî ; l'Àçàpùreçvara établi par les Trente-Trois dieux. Il rentre dans la vallée du Népal, qu'il longe dès lors par le Sud, et visite le Ḍoleçvara (au Sud de Bhatgaon) qui rappelle un miracle de Çiva. Un brahmane de Bénarès, mauvais sujet, coureur de filles, buveur d'alcool, se sentit tout à coup pris de remords ; il consulta les ascètes de Viçveçvara, qui lui donnèrent un bâton. « Pars, lui dirent-ils, en pèlerin ; quand ton bâton poussera un rameau, tu seras purifié. » Il se mit en route en multipliant ses austérités ; parvenu au Népal, sur le site actuel du Ḍoleçvara, il planta en terre son bâton de pèlerin, et voici qu'il en sortit un rameau.

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Telle est l'origine du Ḍoleçvara. C'est là la seconde halte du pèlerin : il se baigne dans le Dhârâ-tîrtha, passe encore la nuit au chant, à la danse et à écouter la lecture des Purāṇas. Le matin il prend congé du Ḍoleçvara, en lui annonçant son intention de poursuivre le pradakṣiṇa entrepris, et se remet en route. Il voit d’abord Sùrya-Vinâyaka, puis l’Ananta-liṅga, se baigne dans l’étang voisin, présente dans l’eau une offrande aux Pères, distribue des cadeaux aux brahmanes (comme à toutes ses étapes, du reste); il visite Vajra-Vârâhî dans sa ville de Phirping, monte sur une montagne élevée pour adorer Gaṇeça qui réside dans une grotte accessible par une fente étroite; qu’il se garde d’y entrer, et qu’il jette les yeux seulement sur le Bhârabhûteçvara! De là il se rend au Manaḥ-çiras tîrtha où il adore Hari-Hara, puis au Mâtṛ-tîrtha (Mâtâtîrtha); où les offrandes funéraires sont si efficaces, et « où l’on voit encore aujourd’hui des poissons d’or ». Halte de nuit à Gopâleça, (Çeṣa-Nârâyaṇa?). Le pèlerin passe encore cette nuit, la troisième du voyage, au chant et à la danse ; et le quatrième matin, rafraîchi par un bain, prenant congé de Gopâleça, il se rend à Pâṇdukeçvara, se baigne dans la Pâṇdunadî, passe la montagne, va à Caturvaktreçvara, à Indreçvara, franchit encore une fois la montagne et rentre dans la vallée du Népal par le Nord-Ouest.

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Il se rend alors auprès du Nârâyaṇa de l’Ouest (Ičaṅgu°) et y passe la quatrième nuit à écouter des légendes qui ont trait à Viṣṇu. A l’aube du cinquième et dernier jour, il se baigne, prend congé du dieu et se rend au séjour du Bouddha (Buddhasthâna, la colline de Svayambhû). C’est là qu’en arrivant de Chine (Mahâ-Cîna) le dieu Bouddha s’arrêta volontairement; c’est là qu’habitent des moines (bhikṣus) qui ont abandonné fils et famille, par désir de voir le Bouddha, tout pénétrés de science et de béatitude. Il honore Bouddha d’un pradakṣiṇa spécial, descend se baigner dans la Viṣṇumatî où il fait des offrandes aux Pères, et se rend à Luṇṭikeça (Buḍhâ-Nîlakaṇṭha, Jalaçayana) où Hari-Viṣṇu est couché sur le serpent Ananta. Il se dirige ensuite au Nord jusqu'au pied des montagnes de façon à rejoindre l'origine du circuit, redescend alors au Sud vers Jaya-Vâgîçvarî (à Deo Patan) et « tout en pensant à Viṣṇu » il se présente devant Paçupati. Il répand sur le liṅga les cinq ambroisies : lait, petit-lait, beurre, urine et bouse, il lui offre des parfums, de l'encens, nourrit des brahmanes, leur paie un digne salaire, et informe Paçupati que le pradakṣiṇa est achevé. Pour clore son vœu, il descend se baigner dans la Bagmati, y fait des offrandes funéraires, retourne saluer Vatsalà, puis Vâsuki le Nâga à la porte du Sud, Vinâyaka à la porte de l'Est, et rentre alors chez lui, libéré de tous ses péchés.