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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c4.23

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c4.23

Language
French

v1.c4.23

Les Tirthas. Le culte des Tirthas, des gués sacrés, adopté par toutes les religions de l'Inde, est encore un hommage rendu aux serpents : c'est le serpent caché sous les eaux qu'on adore ; c'est lui qui dispense les faveurs spéciales attachées à chacun des Tirthas. Le Népal, situé au cœur des montagnes, est plein de Tirthas ; il n'est pas de rivière, de ruisseau, de source, d'humble filet d'eau qui n'ait sa légende, son Nâga et ses avantages propres. Mais les meilleurs des Tîrthas sont situés aux confluents des rivières, au point où deux cours d'eau unissent leurs vertus spéciales. Le confluent, au reste, n'a pas besoin d'être apparent. L'Hindou ne se soucie pas de vérifier par les sens les données du raisonnement ou de la foi; comme il admet, en dépit de l'évidence, les éclipses imaginaires qui naissent d'une astronomie erronée, il admet aussi sans sourciller des communications souterraines entre les cours d'eau les plus éloignés. Le Svayambhû-purâna des Bouddhistes, le Paçupati-purâna des Çivaïtes et le Nepâla-mâhâtmya des hindouistes donnent une nomenclature à peu près identique des grands tîrthas ; seuls les récits merveilleux destinés à en attester l'efficacité varient des uns aux autres. Ce sont : Le Puṇya-tîrtha, au confluent de la Vâgmatî (Bagmati) et de son premier affluent dans la vallée, auprès du sanctuaire de Gokarna. Le Nâga Raktâṅga y réside. — Le Çânta-tîrtha, au confluent de la Vâgmatî et du Mâradâraka, un mince ruisselet, auprès de Paçupati, guérit les maladies. — Le Çamkara-tîrtha (ou Kalyâṇa°) au confluent de la Vâgmatî et de la Maṇimatî (Maṇi-rohiṇî, Rohiṇî, Manoharâ), donne la santé et la paix (Le Paç. p. l'appelle Indra-mârga ou Çakra-mârga parce qu'il fait arriver au monde d'Indra). — Le Râja-tîrtha, au confluent de la Vâgmatî et de la Rudramatî (Rudradhârâ ou Râja-mañjarî) donne la santé et le pouvoir royal. — Le Manoratha-tîrtha, au confluent de la Viṣṇumatî (Viṣṇupadî, Paç. p. ; Keçavatî, Sv. p.) et d'un sous-affluent, la Vimalavatî; le grand Nâga Karbura-kuliça y réside; il donne de riches vêtements. — Le Nirmala-tîrtha, au confluent de la Viṣṇumatî et d'un sous-affluent, la Bhadrâ (Bhadramatî), au pied de Syambunath; le Nâga Upanâlaka y réside; il détruit les péchés. — Le Nidhi-tîrtha (Nidhâna°) au confluent de la Viṣṇumatî et d'un autre sous-affluent, la Suvarṇavatî, tout près du Manorathatîrtha ; les deux Nâgas inséparables, Nanda et Upananda, y résident ; ils donnent la richesse et les moissons abondantes. — Le Jñâna-tîrtha, au confluent de la Viṣṇumatî et d'un sous-affluent, la Pâpa-nâçinî ; le Nâga Çvetaçubhra y réside ; il donne le bonheur. — Le Ċintâmaṇi-tîrtha, au confluent de la Vâgmatî et de la Viṣṇumatî, est le plus excellent de tous ; outre ces deux rivières, la Trinité des eaux sacrées : Gaṅgâ, Yamunâ, Sarasvatî se rend au même confluent par des voies souterraines, qu'ont reconnues les dévots inspirés ; aussi ce tîrtha porte-t-il le nom magnifique de Pañca-nadî, les cinq rivières. C'est Varuṇa lui-même qui y réside ; il donne l'accomplissement de tous les désirs. — Le Pramodaka-tîrtha, au confluent de la Vâgmatî et de la Ratnavatî ; le Nâga Padma y réside ; il donne l'amour et la jouissance. — Le Sulakṣaṇa-tîrtha, au confluent de la Vâgmatî et de la Ċârumatî ; il donne la fortune. — Le Jaya-tîrtha, au confluent de la Vâgmatî et de la Prabhâvatî, donne la richesse, la beauté et l'anéantissement des ennemis.

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