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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c4.46

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c4.46

Language
French

v1.c4.46

La réputation du mont aux Cinq-Sommets s’étendit de bonne heure au loin. En 824, un envoyé des Tibétains (*T’ou-fan*) vint demander à la cour impériale une image peinte de l’Ou-t’ai-chan². Un manuscrit népalais de l’Aṣṭasâhasrikâ Prajñâ-pâramitâ, daté de samvat 135, sous le règne de Bhoja deva et Lakṣmîkâma deva représente dans une des curieuses miniatures qui ornent le texte une image de Mañjuçrî avec cette légende : « *Pañca-çikha-parvate Vâgirattah* (sic) « Vâgîçvara (autre nom de Mañjuçrî) sur la montagne aux Cinq-Sommets. » Le Bodhisatva y est peint, comme il convient, en jaune, assis à l’indienne, la jambe gauche pendante sur un lion, les mains réunies dans le geste de l’enseignement, tenant un lotus bleu (*utpala*, en forme de pinceau). A gauche, un personnage subalterne, l’air terrible, armé d’une massue. Le décor est formé d’un temple creusé en souterrain dans la montagne, avec un arbre et des ascètes. Et, comme pour écarter tout soupçon et pour confirmer ce témoignage, un autre manuscrit de date voisine (samvat 191, sous Çamkara deva) présente parmi ses illustrations une image presque identique, accompagnée de cette légende : *Mahâ-Cîna Mañjughoṣa*, « Mañju-ghoṣa (ou Mañju-çrî) de la Grande-Chine. » Ici encore le Bodhisattva, de couleur jaune, est assis à l’indienne, la jambe droite pendante sur un lion bleu à gueule rouge, les mains réunies dans le geste de l’enseignement; sous le bras gauche passe un lotus bleu. Deux subalternes du sexe féminin se tiennent, l’une, jaune, à droite, l’autre, bleue, à gauche; comme décor un temple souterrain dans la montagne avec des arbres.

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