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Le Nepal: etude historique d'un royaume hindou v1.c4.48

Le Népal: étude historique d'un royaume hindou v1.c4.48

Language
French

v1.c4.48

La fantaisie des miniaturistes népalais ne semble pas avoir altéré les traits essentiels de l’image chinoise ; Mañjuçrî en effet a pour attributs d’ordinaire le livre et le glaive qu’il tient en ses mains, comme les emblèmes de son éloquence et de sa vigueur dialectique, et c’est justement ainsi qu’il est figuré, dans l’un des deux manuscrits népalais, sur une image sans légende; le fidèle n’avait pas besoin d’explication pour y reconnaître la divinité. De couleur jaune, assis à l’indienne, il brandit une épée dans sa main droite, tandis que la main gauche repliée tient le livre ; un lotus bleu passe sous le bras. Même décor qu’aux deux autres miniatures : un temple souterrain dans la montagne, et des arbres¹. On s’explique aisément qu’une image du Mañjuçrî d’Ou-t’ai-chan ait été connue de bonne heure au Népal; il n’avait pas manqué d’occasion pour l’y faire pénétrer : une des missions diplomatiques chinoises envoyées au Népal, ou par le Népal, entre 646 et 660, avait pu l’offrir en présent au pieux roi Narendra deva, ou encore un des religieux chinois passés en pèlerins par la voie du Népal avait pu en faire don à quelque couvent du pays; justement plusieurs de ces pèlerins venaient du district même de l'Ou-t'ai-chan (l'arrondissement de Ping)¹ et certains d'entre eux restèrent fixés au Népal ou y moururent, laissant leurs menus objets de sainteté en héritage à leurs confrères népalais.